La mission permanente de l'Armée de l'Air est de surveiller l'espace aérien national, d'y évaluer une éventuelle menace et d'y faire respecter la souveraineté nationale. La nature même de la menace aérienne impose une gestion centralisée et en temps réel des moyens de défense aérienne, donc un système intégré servi par des liaisons sûres et rapides. Le rôle du pilote de chasse reste irremplaçable et le restera toujours.  LA PATROUILLE DE FRANCE C'est en 1931 qu'est présentée en France la première démonstration de voltige aérienne en patrouille par un goupe de moniteurs de l'école de perfectionnement au pilotage d'Etampes. Stationnée sur le terrain d'Etampes-Mondésir, la "Patrouille d'Etampes" comprend trois Morane-Saulnier 230, puis MS 2258. De 1933 à 1939, le capitaine Fleurquin en assure le commandement. Les résultats sont si brillants que cette patrouille est désignée pour participer aux meetings nationaux et internationaux. Parallèlement, en 1934, à Dijon, une autre formation se livre à la voltige en patrouille sous les ordres du capitaine Weiser du groupe de chasse 1/7. Elle est connue sous le nom de "Patrouille Weiser". Equipée de Morane-Saulnier 225 et de Spad 510, ses évolutions mettent en oeuvre jusqu'à 18 appareils. Une de ses spécialités est de voler les avions attachés les uns aux autres par des câbles, ce qui lui vaut un grand succès dans les meetings.
La Patrouille de France, de nos jours En 1937, la Patrouille d'Etampes rejoint Salon-de-Provence et devient la patrouille de l'Ecole de l'air. La Seconde Guerre mondiale interrompt les activités de ces patrouilles acrobatiques, puis la paix revenue, un ancien de la Patrouille d'Etampes, le capitaine Perrier forme en 1946, à l'école des moniteurs de Tours la "Patrouille de Tours". En 1947, la formation retourne à Etampes et se voit officiellement donner l'année suivante, par le ministère de l'air, le nom d'escadrille de présentation de l'armée de l'air. Dotée de 12 Stampe SV4, l'escadrille a pour mission de représenter l'armée de l'air dans les manifestations aéronautiques. Si les Stampe de l'escadrille de présentation de l'armée de l'air continuent à se produire en meeting jusqu'en 1953, on remarque déjà dans les escadres de chasse récemment dotées d'avions à réaction Vampire ou F-84 G, des patrouilles acrobatiques qui présentent un travail de qualités.  La fiertée aérienne française : la Patrouille de France En 1950 à Dijon, le commandant Gauthier de la 2ème escadre met sur pied une patrouille disposant de Vampire. En 1951, c'est au tour de la 4ème escadre à Friedrichshafen, avec le capitaine Marias. En 1952 à la 3ème escadre, alors stationnée à Reims, le commandant Delachenal et trois autres pilotes s'entraînent sur F-84 G. De ces patrouille d'escadres va naître en 1953 la Patrouille de France. C'est la patrouille de la 3ème escadre, sous les ordres du commandant Delachenal qui a l'honneur de porter la première le nom de "Patrouille de France". La petite histoire attribue à l'enthousiasme du présentateur de meeting, Jacques Noetinger, l'inventeur de ce patronyme que la Patrouille de France porte fièrement depuis maintenant 48 ans.  Le Dassault MD.450 Ouragan
En 1954, les premiers avions à réaction de construction française sont mis en service dans l'armée de l'air, et c'est à juste titre que l'Etat-major décide de confier à la 2ème escadre de Dijon sur Ouragan, le soin de former la Patrouille de France. De 1953 à 1963, quatres escadres vont se succéder pour mettre en oeuvre la Patrouille de France; la 12 ème escadre de Cambrai en 1955 et 1956 sur Ouragan puis Mystère IV, la 4ème escadre de Bremgarten en 1956 sur Ouragan, la 2ème escadre de Dijon de 1957 à 1961 sur Mystère IV et la 7ème escadre de Nancy en 1962 et 1963, se voient confier la tâche de perpétuer les traditions de la Patrouille de France tout en faisant connaître à l'étranger les matériels français.
Le CM 170 Fouga Magister En janvier 1964, la Patrouille de France sur avions de combat est dissoute à la suite de restrictions budgétaires. L'Ecole de l'air installée à Salon-de-Provence depuis 1935, avait dès 1937, créé sa propre patrouille de démonstration avec des anciens de la Patrouille d'Etampes. La Patrouille de l'Ecole de l'air reformée en 1957 sur Fouga Magister, qui évolue parallèlement à la Patrouille de France, donne l'occasion à l'Etat-major de ne pas laisser disparaître la Patrouille de France, et par lettre-message du 10 février 1964, le ministre des Armées Pierre Messmer, décide : "J'ai l'honneur de vous faire savoir que cette patrouille s'appelle désormais "Patrouille de France"". Pendant plus de 13 ans, le Fouga Magister sera le plaisir de tous les publics. Passant successivement à six, neuf, puis à onze appareils, le nombre se stabilise à neuf avions. La dernière présentation sur Fouga Magister a lieu à Salon-de-Provence le 16 spetembre 1980.
La patrouille est dotée du tout nouvel avion franco-allemand, l'Alphajet. Elle se produit avec sept appareils en 1981 puis huit depuis 1982.
 Aujourd'hui héritière de toutes les traditions que lui confère son histoire, la Patrouille de France est plus que jamais l'ambassadrice de l'aéronautique française.  |