| Qui arrêtera Michael Schumacher, si ce n'est lui-même, comme à Monaco, la seule victoire qui lui ait échappée cette saison ? Car pour ce qui est de sa machine, il ne faut pas compter là-dessus. Hockenheim a marqué dimanche le troisième anniversaire de la dernière casse en course de sa Ferrari&hellip Pour le reste, c'est l'habituelle collection de chiffres et de records qui est venue jalonner son 11e week-end à succès en 2004 : un centième départ de la 1ère ligne (en pole position), une 81e victoire, la 6e de rang. L'égal d'Alberto Ascari (Ferrari), qui avait terminé 1952 par 6 succès. L'Allemand pourra donc déborder l'Italien, double champion du monde (1952-53) dès le Grand Prix de Hongrie, dans trois semaines.
Räikkönen perd son aileron arrière à 290 km/h Pas dérangé au départ par Juan Pablo Montoya (Williams), qui souhaitait secrètement solder le différend d'un 1e tour musclé à Imola, en avril dernier, Michael Schumacher a tranquillement filé vers l'arrivée, jugée après 66 tours, un de moins que prévu car la nouvelle Toyota TF104B d'Olivier Panis a stoppé la première procédure. Parti comme une balle du 5e emplacement, Fernando Alonso (Renault) a mené la chasse. Avant que Kimi Räikkönen ne porte une attaque décidée. Le spectacle rêvait d'une McLaren aussi fringante qu'à Silverstone, pour une sensationnelle revanche avec le sextuple champion de Maranello. L'aileron arrière mal arrimé à la nouvelle MP4-19B a offert une fin effrayante au duel rêvé. A presque 300 km/h, l'appendice aérodynamique a volé en éclats. L'auto motorisée par Mercedes a amorcé une folle dérive, avec son passager à bord. Il faut peut-être chercher dans la rage du vice-champion du monde l'image saisissante d'un volant tordu. "J'étais plus rapide que lui (Schumacher) après mon premier pit-stop et j'avais seulement besoin de quelques tours de plus pour lui proposer un défi pour la première place. D'un coup, j'ai perdu l'appui et je me suis retrouvé passager", a déploré "Iceman". Fernando Alonso à distance, les regards enthousiastes d'Hockenheim se sont alors reportés sur le mano a mano de l'Espagnol avec Jenson Button (BAR). L'Anglais a déployé une belle opiniâtreté à passer l'Espagnol. Il en fût brillamment récompensé, par un soucis passager sur l'aileron avant de la Renault. "Un des meilleurs départs de ma carrière, puis une grande bagarre avec Jenson. Nous sommes tous les deux des pilotes agressifs, et nous nous sommes bien amusés" , a résumé Alonso.
Trulli en galère David Coulthard (McLaren) n'a jamais lutté pour le podium. Une autre manifestation de ce qui le différencie de son leader. Juan Pablo Montoya (Williams), pour la première fois en 1ère ligne en 2004, a pris une 6e place loin de son triomphe de 2003, orné d'un "hat-trick".
Mark Webber (Jaguar) a remporté de haute lutte une bagarre de chiffonniers avec Takuma Sato (BAR) et Jarno Trulli (Renault). Les chassés-croisés furent incessants entre ces trois à l'épingle, merveilleusement disposée par l'architecte Hermann Tilke. En délicatesse avec ses pneus et un aileron avant qu'il a fallu changer, Trulli a fini 11e, juste devant Rubens Barrichello (Ferrari), hors du coup sur deux pit-stops, coupable d'avoir cassé son aileron avant sur la McLaren de Coulthard au tour, et touché par une crevaison dans la dernière boucle. Au moins la contre-performance du Brésilien a-t-elle reporté l'heure du sacre rouge en Hongrie.
Déception du week-end, Antonio Pizzonia, mis à la place de Marc Gené dans la Williams N.4 en attandant le retour de Ralf Schumacher, a terminé à une terne 8e place. Mario Theissen, directeur technique de BMW, avait déploré le manque d'attaque de "Jungle Boy" en qualification. Teams et pilotes 2004 : Ferrari  Une fois de plus, la Scuderia est attendue au tournant. Un 5e titre mondial Constructeurs, fait sans précédent, et un 6e personnel -un record- pour Michael Schumacher, n'ont cependant pas entamé la motivation à Maranello. Jean Todt a préservé la stabilité de son staff et la F2004 est une évolution de la F2003-GA. F1 2004 : l'ingénieux dispositif de freinage de la Ferrari
| | CHIFFRE
1 : le numéro qui frappe la rossa de Schumi pour la quatrième année consécutive. Petit changement : ses contours sont dorés. CHASSIS : F2004 Maranello avait joué la fiabilité en 2002 et 03 en disputant les premiers gp extra-européens avec la machine de la saison précédente. Le nouveau règlement moteur a contrarié le "reparto corse". Le 053 étant conçu exclusivement pour la F2004, il a bien été obligé de sortir son nouveau bolide pour Melbourne. Un compromis a été trouvé en apportant des corrections à la F2003-GA : cockpit encore abaissé, nez plus aquilin, empattement plus court (-50 mm), réservoir plus petit, ailerons à deux volets, suspensions avant au profil ailé plus prononcé, entrées d'air des pontons (plus courts) plus carrées et rehaussées et déflecteurs plus généreux devant les roues arrière. Longueur : 4545 mm, largeur : 1796 mm, hauteur : 959 mm, empattement : 3050 mm, poids : 605 kg MOTEUR : FERRARI 053 Une évolution du 052 en plus petit. Paolo Martinelli et Gilles Simon ont utilisé de nouveaux process en fonderie pour renforcer la structure du bas et du haut moteur sans pénaliser le poids. Sorties d'échappement plus proches de l'axe longitudinal de la voiture. Puissance : environ 900 cv à 19.000 t/min. PNEUS Partenaire privilégié de Bridgestone. L'ÉQUIPE Nationalité : italienne - Base : Maranello (ITA) - Début en F1 : 1950 - 695 gp, 13 titres Constructeurs, 13 titres Pilotes, 175 victoires, 172 pole positions (au 30/06/04) - Président : Luca Montezemolo (ITA) - Directeur général : Jean Todt (FRA) - Directeur technique : Ross Brawn (GBR) - Chef designer : Rory Byrne (AFS) - Chef motoriste : Paolo Martinelli - Chef aérodynamicien : John Iley (GRB) - Recherche et développement : Ignazio Lunetta - Responsable technique course : Nigel Stepney (GBR) - Ingénieur de piste course : Luca Baldisseri - Ingénieur de Michael Schumacher : Chris Dyer (AUS) - Ingénieur de Rubens Barrichello : Gabriele delli Colli (ITA) MICHAEL SCHUMACHER (ALL/35 ANS) - FERRARI N.1 En remportant son 6e titre à Suzuka, il a refermé le chapitre des comparaisons. Sans rival statistique, il court pour le plaisir mais cet état de fait est difficile à accepter pour les Britanniques, obsédés par l'idée de sa retraite. Il a pourtant signé jusqu'à fin 2006. Egaler les 41 victoires d'Ayrton Senna à Monza, en 2000, l'avait ému aux larmes. Les 6 victoires du légendaire brésilien à Monaco et ses 65 pole positions sont à sa portée. Repères - Né le 03/01/69 à Hürth-Hermühlheim (ALL) - 1m 74, 75 kg - 202 gp, 6 titres (1994, 95, 2000, 01, 02, 03), 78 victoires, 60 pole positions (au 30/06/04) - Ecuries : Jordan (1991), Benetton (1991-95), Ferrari (1996-2003) - Moment de gloire avant la F1 : champion d'Allemagne de Formule 3 (1990) RUBENS BARRICHELLO (ALL/31 ANS) - FERRARI N.2 Tous les ans le même challenge : faire un bon début de saison pour sortir de l'étau doré de N.2 contractuel. Rubinho n'y est jamais parvenu chez les Rouges. Le meilleur en qualification en 2003, il a été trop irrégulier en course mais a assuré en gagnant au moment crucial, à Suzuka. Repères - Né le 23/05/72 à Sao Paulo (BRE) - 1m 72, 77 kg - 189 gp, 2e Mondial 2001, 7 victoires, 10 pole positions (au 30/06/04) - Ecuries : Jordan (1993-96), Stewart (1998-99), Ferrari (2000-03) - Moment de gloire avant la F1 : champion de Grande Bretagne de Formule 3 (1991) |
|