| L'anxiété L'ANXIETE : UNE NECESSITE ABSOLUE Depuis le début de la vie sur terre, toutes les espèces qui ont vécu ou qui vivent maintenant - nous y compris- ont relevé le défi de la survie. L'adaptation biologique est une lutte de tous les instants mettant en jeux nombres de mécanismes, notamment comportementaux. De la bactérie à l'homme, l'anxiété est une réaction automatique normale (réflexe) répondant à la présence d'un danger imminent auquel il convient de réagir (soit en fuyant ou en faisant face d'une quelconque façon) afin de préserver la vie de l'espèce. Il s'agit donc là d'un comportement fondamental dont l'objectif est d'activer l'organisme et le mettre en situation de se protéger contre l'agression ou la menace d'agression. A ce comportement sont associés plusieurs modifications physiques et psychologiques. L'ANXIETE SE TRADUIT PHYSIQUEMENT : -
Effets biochimiques et neurologiques -
Effets cardio-vasculaires -
Effets respiratoires -
Autres effets physiologiques L'ANXIETE SE TRADUIT MENTALEMENT : Dans les pages suivantes sont détaillées ces modifications tant physiques que mentales qui accompagnent l'anxiété.  COMMENT L'ANXIETE SE TRADUIT ELLE PHYSIQUEMENT ? Les effets biochimiques et neurologiques Quand un danger est perçu ou anticipé, le cerveau envoie un message à une partie du système nerveux appelée système nerveux autonome. Celui se subdivise lui-même en système nerveux sympathique d'une part, et système nerveux parasympathique, d'autre part. Ces deux composantes du système nerveux autonome sont directement impliquées dans le contrôle du niveau d'énergie du corps et dans la préparation à l'action. Pour simplifier, disons que le système nerveux sympathique est le système "faire face ou fuir" qui libère de l'énergie nécessaire pour mettre le corps en condition de réagir au danger, tandis que le système nerveux parasympathique rétablit la normalité. Le système nerveux sympathique a tendance, dans une large mesure, à être un "système du tout ou rien". Lorsqu'il est stimulé, toutes ses composantes se déclenchent. Autrement dit, soit tous les symptômes se manifestent en même temps, soit aucun d'entre eux ne se manifeste. Il est donc rare que ses effets se concentrent dans une seule partie du corps. Cela peut expliquer la raison pour laquelle la plupart des attaques de panique présentent de nombreux symptômes et non pas juste un ou deux. Un des effets majeurs du système nerveux sympathique consiste à libérer dans l'organisme deux substances chimiques : l'adrénaline et la noradrénaline, sécrétées par les glandes surrénales situées sur les reins. Ces substances sont utilisées comme messagers par le système nerveux sympathique pour prolonger son effet ; c'est ainsi qu'à partir du moment où l'activité du système nerveux sympathique est déclenchée, elle est prolongée et s'accroît même pendant quelque temps grâce à l'activité des glandes surrénales. Cette activité est toutefois interrompue de deux façons : premièrement, les messagers chimiques, l'adrénaline et la noradrénaline (des neurotransmetteurs), sont finalement détruits par d'autres substances chimiques présentes dans l'organisme ; deuxièmement, le système nerveux parasympathique (qui réagit généralement en opposition au système nerveux sympathique) se met en branle et rétablit un état de relâchement, de détente de l'organisme. Autrement dit, l'état d'anxiété ne peut durer indéfiniment et atteindre des niveaux dommageables. Le système nerveux parasympathique est un protecteur interne naturel : il empêche le système nerveux sympathique de s'emballer. Les messagers chimiques (adrénaline et noradrénaline), quant à eux, requièrent un certain délai avant d'être neutralisés par l'organisme. Ainsi, même lorsque le danger est passé et que le système nerveux sympathique a stoppé la réaction, il est fort probable que l'on éprouve encore un peu d'anxiété et d'appréhension pendant un petit laps de temps, car ces substances circulent encore librement dans l'organisme. Les effets sur le système cardio-vasculaire L'activité du système nerveux sympathique provoque une accélération du rythme cardiaque et une augmentation de la force des battements. Ces effets sont vitaux pour préparer l'organisme à réagir, car ils contribuent à accélérer la circulation du sang, augmentant ainsi l'apport d'oxygène vers les tissus tout en les débarrassant des déchets de l'organisme. Il se produit également un changement dans le flux sanguin. En pratique, le sang est détourné des parties du corps d'où sa présence est moins vitale (par une constriction des vaisseaux). Par exemple, le sang est drainé de la peau, des doigts et des orteils. Cette réorganisation du débit sanguin est fort utile, car si l'organisme est agressé et blessé de quelque façon que ce soit, il y a ainsi peu de risques qu'une hémorragie fatale se produise. C'est pour cette raison que, lors d'une poussée d'anxiété, la peau devient pâle et froide au toucher, de même que les doigts et les orteils deviennent froids et que l'on ressent parfois de l'engourdissement et des picotements. En fait, le sang est détourné vers les grands muscles tels que ceux des cuisses et des biceps, ce qui est sensé aider le corps à se préparer pour l'action. Les effets sur le système respiratoire L'anxiété s'accompagne d'un besoin de respirer, de s'oxygéner, accru car les tissus ont besoin d'un apport d'oxygène supplémentaire pour se mettre en condition d'agir. Cette respiration accrue peut toutefois déclencher toute une gamme de symptômes : souffle court, impression de boule dans la gorge, d'étouffement ou de suffocation, et même douleur et oppression au niveau du thorax. Une intensification de la respiration provoque un autre effet secondaire, surtout si aucune action concrète ne se déclenche : le débit sanguin au niveau de la tête diminue réellement. Bien que cette diminution soit minime et aucunement dangereuse, elle entraîne toute une série de symptômes désagréables (mais inoffensifs) incluant des étourdissements, une vue brouillée, de la confusion, une impression d'irréalité ou de dépersonnalisation, et des bouffées de chaleur. Les effets au niveau des glandes sudoripares Le déclenchement de l'anxiété provoque une augmentation de la transpiration. Cette surproduction de sueur remplit d'importantes fonctions d'adaptation en rendant la peau plus glissante, plus insaisissable (ancien réflexe destiné à la rendre invulnérable aux attaques de prédateurs) et en refroidissant le corps pour freiner toute élévation anormale de la température du corps (hyperdermie). Les autres effets physiologiques Un certain nombre d'autres effets sont provoqués par l'activation du système nerveux sympathique. Aucun d'eux ne sont nocifs ou dangereux. Les pupilles, par exemple, vont se dilater pour laisser pénétrer plus de lumière, ce qui peut causer une vision plus brouillée, des points devant les yeux, etc. Il se produit une diminution de la salivation entraînant un assèchement de la bouche. Le système digestif réduit son activité, ce qui provoque souvent des nausées, une impression de lourdeur à l'estomac et même de la constipation. Finalement, plusieurs groupes musculaires se contractent pour préparer le corps à faire face ou à fuir; cette crispation donne une impression subjective ou personnelle de tension pouvant aller parfois jusqu'à des douleurs bien réelles ainsi qu'à des spasmes et à des tremblements. Dans son ensemble, la réaction d'anxiété provoque une activation générale de tout le métabolisme du corps. Voilà pourquoi certains d'entre nous ont souvent chaud et se sentent congestionnés au niveau de la tête, du visage. Habituellement, parce que cet enchaînement d'effets secondaires exige beaucoup d'énergie, les gens se sentent par la suite fatigués, épuisés, vidés. 
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