| Perversion morale  INTRODUCTION Tous droits rèservès à **help Int. Groups 2002 Dans la vie, il est des rencontres stimulantes qui nous incitent à donner le meilleur de nous-même, il est aussi des rencontres qui nous minent et qui peuvent finir par nous briser. Un individu peut réussir à en démolir un autre par un processus de harcèlement moral. Il arrive même que l'acharnement se termine par un véritable meurtre psychique. Nous avons tous été témoins d'attaques perverses à un niveau ou à un autre, que ce soit dans le couple, dans les familles, dans les entreprises, ou bien dans la vie politique et sociale, et même sur le web (communauté de geôliers et de délateurs pervers prenant plaisir à attaquer certaines personnes --- suivez mon regard). Pourtant notre société se montre aveugle devant cette forme de violence indirecte. Sous prétexte de tolérance, on devient complaisant. Par des paroles apparemment anodines, par des allusions, des suggestions ou des non-dits, il est effectivement possible de déstabiliser quelqu'un, ou même de le détruire, sans que l'entourage intervienne. Le ou les agresseurs peuvent ainsi se grandir en rabaissant les autres, et aussi s'éviter tout conflit intérieur ou état d'âme, en faisant porter à l'autre la responsabilité de ce qui ne va pas : "Ce n'est pas moi, c'est l'autre qui est responsable du problème !". Pas de culpabilité, pas de souffrance. Il s'agit là de perversité au sens de la perversion morale. Un processus pervers peut être utilisé ponctuellement par chacun de nous. Cela ne devient destructeur que par la fréquence et la répétition dans le temps. Un individu pervers est constamment pervers; il est fixé dans ce mode de relation à l'autre et ne se remet en question à aucun moment. Même si sa perversité passe inaperçue un certain temps, elle s'exprimera dans chaque situation où il aura à s'engager et à reconnaître sa part de responsabilité, car il lui est impossible de se remettre en question. Ces individus ne peuvent exister qu'en "cassant" quelqu'un : il leur faut rabaisser les autres pour acquérir une bonne estime de soi, et par là même acquérir le pouvoir, car ils sont avides d'admiration et d'approbation. Ils n'ont ni compassion ni respect pour les autres puisqu'ils ne sont pas concernés par la relation. Respecter l'autre, c'est le considérer en tant qu'être humain et reconnaître la souffrance qu'on lui inflige. La perversion fascine, séduit et fait peur. On envie parfois les individus pervers, car on les imagine porteurs d'une force supérieure qui leur permet d'être toujours gagnants. Effectivement, ils savent naturellement manipuler les autres. On les craint également car on sait d'instinct qu'il vaut mieux être avec eux que contre eux. C'est la loi du plus fort. On fait peu de cas de leurs victimes, qui passent pour faibles ou pas très malignes, et, sous prétexte de respecter la liberté d'autrui, on peut être amené à être aveugle sur des situations graves. En effet, une tolérance actuelle consiste à s'abstenir d'intervenir dans des actions et dans les opinions d'autres personnes alors même que ces opinions ou actions nous paraissent déplaisantes ou même moralement répréhensibles. Le contexte socioculturel actuel permet à la perversion de se développer parce qu'elle y est tolérée. Notre époque refuse l'établissement de normes. Mettre une limite en nommant une manipulation perverse est assimilé à une intention de censure. Nous avons perdu les limites morales ou religieuses qui constituaient une sorte de code de civilité et qui pouvaient nous faire dire : "Cela ne se fait pas !". Nous ne retrouvons notre capacité à nous indigner que quand les faits apparaissent sur la scène publique, relayés et amplifiés par les médias. Le mot pervers choque, dérange. Il correspond à un jugement de valeur, et les psychanalystes se refusent à émettre des jugements de valeur. Est-ce pour autant qu'ils doivent tout accepter ? Ne pas nommer la perversion est un acte encore plus grave, puisque c'est alors laisser la victime démunie, agressée et agressable à merci. Il ne s'agit pas ici de faire le procès des pervers - d'ailleurs ils se défendent bien tout seuls -, mais de tenir compte de leur nocivité, de leur dangerosité pour autrui, afin de mieux permettre aux victimes ou aux futures victimes de se défendre.  | Il faut savoir que les pervers sont dangereux directement pour leurs victimes, mais aussi indirectement pour l'entourage en l'entraînant à perdre ses repères et à croire qu'il est possible d'accéder à un mode de pensée plus libre aux dépens d'autrui. |  Tous droits rèservès à **help Int. Groups 2002 |