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LES  FEMMES  GIRAFES

Texte envoyé par Foxie

 

Je me trouvais dans un petit village de l'Inde quand l'aventure commença en 1955.
J'avais fais la connaissance d'un capitaine anglais nommé Moudji. Il me décrivit plusieurs peuplades vivant complètement isolées du reste du monde. Il me parla de leur gentillesse mais surtout de l'aspect étrange des femmes.

Aussitôt, je décidai d'organiser une expédition dans ces régions.
Notre progression dans la forêt était très lente. Nous avancions presque machinalement, attentifs seulement aux pierres qui roulaient sous nos pieds et aux précipices vertigineux. Nous franchîmes un pont de lianes entre-croisées qui, tendu entre deux énormes souches, franchissait la rivière.
Au-delà du col se trouvaient les premiers villages "Padaung", ce qui signifie "Les longs cous".

Mon expédition avait atteint son but. Il avait suffit d'un détour pour conjurer la menace des ancêtres et de quelques couvertures de laine rouge pour amadouer les  petits hommes bardés de flèches qui étaient les époux de ces cous hallucinants.
Le chef du village s'appelait Ra-Nou. Il allait torse nu, vêtu seulement d'un ample pantalon noir. Sur sa tête ridée, des chiffons crasseux composaient une espèce de turban. Assis au centre de la paillote d'honneur, je lui faisais face et par l'entremise de deux interprètes, j'avais tenté de lui poser quelques questions. Ra-Nou avait répondu très gentiment puis, sa femme était apparue. C'était le plus long cou du village. Elle tenait un plat de bois qu'elle déposa sur la natte sans un mot et Ra-Nou me fit signe de la main, ce qui signifiait " à vous l'honneur". Je me penchai sur le plat avec un sourire aimable mais, quelle horreur ! Le plat contenait d'immondes bestioles qui étaient des guêpes frites. Moudji pressentant mon dégoût se pencha vers moi et dit : " Ce sont des insectes très rares qui proviennent des endroits de la forêt les plus difficilement accessibles". Ra-Nou s'était servit et, horrifié, je les entendais craquer sous la dent du vieux chef qui suçait minutieusement les abdomens avant d'aligner les carapaces jaunes et noires sur le rebord du plat.
Alors Ra-Nou parla : " Jadis, la tribu était riche et puissante, ce qui finit par provoquer chez les femmes un goût excessif pour les plaisirs et l'oubli du respect dû aux dieux. Fâchés, les dieux punirent alors les femmes en les livrant aux tigres qui se jetèrent à leur gorge. La tribu fut décimée.

Alors, les hommes allèrent consulter un sage qui leur indiqua un moyen de fabriquer avec de l'or, des spirales pour protéger le cou de leurs femmes. Les tigres s'y cassèrent les dents et furent à leur tour décimés.
Mais la coutume subsista et, bien que les spirales perdirent leur utilité, elles restèrent un ornement. L'or devenu rare, il fut remplacé par du cuivre et les femmes s'enroulèrent également les bras, les jambes et même le ventre de ces spirales. Elles s'étirèrent le cou pour en porter davantage et, ces spirales devinrent synonyme de richesse et de beauté. C'est alors que notre tribu prit le nom de Padaung "les longs cous".

La pleine lune étant arrivée, c'est la période rituelle pendant laquelle vont se tenir les cérémonies d'allongement des cous. Le sorcier doit d'abord consulter les augures et, pour se faire, il égorge d'abord un poulet dont il examine les entrailles et les os pour déterminer le moment favorable.
Un air de fête s'empare alors du village. Les femmes adultes ont surchargé leur cou de petits cailloux et les hommes ont revêtus un pagne neuf. La foule ayant bu le vin en l'honneur des dieux, on amène une fillette qui vient d'avoir 5 ans. On la fait asseoir devant la hutte familiale puis sa mère s'approche d'elle avec à la main un rouleau de fil de cuivre.
Elle s'installe derrière sa fille et, doigts croisés, elle lui saisit la tête sous le menton et tire à elle de toute ses forces. Cette première parure a toujours 10 cm de haut au moins. L'enfant ne pleure jamais mais elle passera de longs jours sans pouvoir manger ni dormir cependant, ses souffrances s'évanouiront dans la joie des cadeaux que sa famille lui offrira et, si la famille est riche, elle recevra même les premières spirales pour ses mollets.

Après 24 pleines lunes, on procédera à la pose d'un nouveau jeu de spirales et ainsi jusqu'à l'âge adulte. Les plus longs cous feront les plus beaux partis. Ils feront aussi les plus grandes fidélités car, chez les femmes-girafes, le châtiment de l'épouse infidèle est plus cruel que nulle part ailleurs. La femme est conduite par son mari chez le sorcier qui lui enlèvera ses spirales. Les muscles du cou atrophiés sont incapables de soutenir la tête qui retombera sur la poitrine. D'asphyxie ou d'inanition, la femme, si elle n'est plus très jeune, ne tardera pas à mourir.
Parfois, le mari pardonne et, au bout de quelques heures, il rappelle le sorcier pour remettre les spirales.

Comme les femmes ne s'en séparent jamais, elles se nettoient le cou en passant un chiffon mouillé entre la spirale et la peau, ce qui n'empêche pas le vert de gris et la sueur de provoquer des plaies qu'elles soignent avec un étonnant médicament dont j'ai pu constater l'efficacité :
Un cataplasme fait de toiles d'araignées mélangées à de la farine de riz.

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TOURISME ET FEMMES-GIRAFES

Article complémentaire (Chantal)

En Thaïlande et en Birmanie, les femmes-girafes sont l'objet d'un véritable commerce touristique. On les nomme ainsi, parce qu'elles portent des spirales de métal qui, en provoquant l'affaissement du haut du thorax, font atteindre au cou 30 cm de hauteur.

Les femmes padaungs (femmes-girafes) sont appelées aussi "karens au long cou".  Lorsqu'une petite fille padaung a entre cinq et neuf ans, on lui passe sur le cou une pommade. Le premier anneau est alors posé, puis deux ans plus tard plusieurs autres suivent jusqu'à atteindre le menton.
Ensuite, chaque année on remet un anneau . Si cela va bien, l'année suivante, un autre est ajouté, éventuellement deux. Et ainsi de suite jusqu'à ce que la jeune fille se marie.

Chez les padaungs, le nombre d'anneaux porté par une femme - critère important de beauté - peut atteindre jusqu'à vingt huit anneaux. Et parfois, vers l'âge de 12 ans, certaines petites filles ont déjà la totalité de leurs anneaux .

Cette coutume a été interdite par décret en Birmanie, mais reste tolérée en Thaïlande.

Dans certains villages de Birmanie et de Thaïlande, réduites à l'état de bêtes curieuses, qu' on peut  visiter comme des singes dans la cage d'un zoo, honteusement exposées dans des sortes de baraques foraines, les femmes sont prostituées pour la plus grande joie des souteneurs et des touristes occidentaux. Quelques tours operators proposent des voyages où est inscrit dans le programme la visite de ces lieux indignes.

En fait, ces femmes sont la plupart du temps des réfugiées politiques du régime de terreur de la Birmanie (Myanmar), qui ont trouvé refuge en Thaïlande, et qui étaient parquées dans des camps. On les a installées dans de "jolis villages" devenus zoos humains, villages à l'entrée desquels se trouve  un guichet où les touristes règlent leurs droits d'entrée pour pouvoir laisser libre cours à toutes leurs envies de photographes en quête d'images à sensation. 

Au nom du respect de la dignité humaine, la ligue des droits de l'homme invite les touristes à éviter ces lieux...

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SOMMAIRE

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