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LES ENFANTS BLONDS DU CAMBODGE

Texte envoyé par Foxie

 

Voici l'histoire troublante de deux jeunes enfants blonds, au physique en tout point identique  à celui des enfants qui jouent dans la cour de nos écoles, sans le moindre signe de métissage. Ils sont nés de père et mère khmers, quelques années après la terrible période des Khmers rouges.

            Photo de 1994

Sotanov et Temnov sont venus au monde avec des handicaps et des plaies sanguinolentes. Sotanov, à sa naissance, avait un bras amputé, une main déchirée, certains de ses petits doigts ne tenaient que par quelques lambeaux de peau.
Temnov est né, lui, avec une terrible blessure à la poitrine comme si une baïonnette avait transpercé son corps. Son bassin était meurtri, déchiré, et son sexe mutilé.
Que s'est-il passé ?
Pourquoi ces deux enfants, qui sont nés à trois ans d'intervalle sont-ils blonds alors que leurs parents et frères et sœurs plus âgés seraient khmers.
Pourquoi, quand ils ont commencé à prononcer leurs premiers mots, parlaient-ils la langue russe ?Pourquoi démentent-ils être des frères et affirment-ils être des amis ? Si on leur demande leur âge, ils déclarent qu'ils ont cinquante-deux ans.
A propos de leurs blessures, ils accusent les Khmers rouges de les avoir tués et parlent de leurs épouses et de leurs enfants qui pleurent leur mort en Russie.

En 1992, dans un livre intitulé "Cambodge, le sourire bâillonné", Ly Heng, un jeune cambodgien, aidé par Françoise Demeure, raconte sa vie durant les années du régime des Khmers rouges. A l'époque, il ignorait tout de l'existence de ces deux enfants.

Dans un des chapitre, il relate un drame survenu en 1983 sur une route de la région de Kompong Cham.
Un convoi de techniciens soviétiques civils, accompagnés de leurs guides et interprètes cambodgiens, circulait sur cette route lorsque la colonne fut attaquée par un groupe de Khmers rouge. Presque tous furent massacrés atrocement.
Ly Heng était alors un jeune adolescent et aidait un médecin de l'armée vietnamienne en poste près du lieu du drame. Ils arrivèrent les premiers sur place. Ils découvrirent alors au milieu des corps, trois survivants. Trois Russes de forte corpulence âgés chacun d'une cinquantaine d'années. Ils étaient agonisants. Ly Heng fut chargé par le médecin vietnamien de découper au ciseau les vêtements des trois hommes pour pouvoir stopper les hémorragies. Ly Heng se souvient que l'un de ces hommes, à qui le bras gauche avait été arraché, dont la main droite était déchiquetée, gémissait de douleur, réclamant sa femme et sa fille. Il se rappelle également un deuxième homme, à la poitrine transpercée d'un coup de baïonnette, et au bassin en sang. Ly Heng gardera toujours en mémoire ce terrible souvenir qui hantera souvent ses nuits d'exil.

En 1994, Ly Heng retourne au Cambodge à la recherche des survivants de sa famille et va ainsi faire la connaissance de ces étranges enfants.
A Kompong Cham, deuxième ville du pays, il loue dès son arrivée une maison pour son séjour. En discutant avec la propriétaire, il apprend que cette maison était en 1993 louée à des officiers casques bleus des Nations unies qui étaient là dans le cadre de la force de paix mise en place juste après les élections. Auparavant, dans les années 1980, elle était louée à un groupe de techniciens agronomes soviétiques. La propriétaire lui raconte que ce groupe fut attaqué et massacré par les Khmers rouges sur la route de Bakhom. Tous les corps furent ramenés à la maison et alignés dans le jardin avant d'être transportés à Phnom Penh puis rapatriés en Union Soviétique. Le récit de cette femme troubla Ly Heng.
Le lendemain Ly Heng, accompagné de l'ethnologue Patrick Bernard, cherche à grand-peine un chauffeur qui accepte de les emmener à Bakhom. La zone est toujours dangereuse et ils doivent se faire escorter par deux soldats puissamment armés.
Alors qu'ils s'arrêtent sur le site de l'attaque du groupe soviétique par les Khmers rouges, le chauffeur leur parle de Temnov et Sotanov qui vivent tout près de là.
Ils se rendent sur les lieux. Les parents des enfants leur racontent la naissance difficile de ces deux enfants, comment l'infirmier de l'endroit a pu soigner les blessures graves des nourissons et la mère extrêmement éprouvée. Celle-ci n'a dû la vie sauve qu'à la compétence des femmes et de l'infirmier du village qui l'ont aidée à accoucher. Elle leur dit que pendant la grossesse du premier enfant, trois hommes lui sont apparus en rêve et lui ont demandé de bien vouloir les accueillir. Ces visions seraient, d'après elle, trois âmes errantes.
Le massacre avait eut lieu en 1983. Le premier enfant, Temnov, vint au monde en 1987 et le deuxième, Sotanov, en 1991.
Dès qu'il put parler, Temnov s'exprima dans une langue étrangère. Les parents et les témoins s'apercevront alors qu'il parle russe. Un jour, il demanda à sa mère de l'enmener à Kompong Cham pour y retrouver son ami Bophal. La famille étant la plus pauvre du village, la maman dut emprunter une mobylette pour conduire l'enfant à Kompong Cham. Alors que celui-ci n'était jamais allé dans la ville auparavant, il guida sa mère dans les rues jusqu'à la maison d'un certain Bophal.

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