Les Uros sont un peuple de pêcheurs qui vit sur une quarantaine d'îles flottantes, nombre approximatif, car il arrive que certaines disparaissent dans le lac, à cause de leur précarité.
Chaque îlot, d'une centaine de m², est composé de plusieurs couches de roseaux ("totora", sorte de jonc ou roseau qui pousse au milieu du lac) empilées sur la vase, et maintenues en place par des pieux pour une épaisseur totale de 30 à 50 cm. Le sol laisse une sensation d’instabilité pour qui le foule pour la première fois. Dans ce domaine, ondulant selon le vent ou les courants, sont bâties quelques huttes en totora qui abrite de trois à vingt personnes, la moyenne se situant autour de huit.
Très souvent, les habitants doivent rajouter des couches de roseaux, à la surface de leur île, pour remplacer les couches du dessous qui pourrissent dans l'eau. Quand un gros orage éclate, l'îlot peut dériver et se retrouver à quelques centaines de mètres de l'endroit habituel.
Les hommes réparent les filets, les femmes préparent les produits de la pêche, les enfants jouent alentour. Ils vivent en troquant leurs poissons contre d'autres produits, sur les marchés des environs.
Un certain nombre d'entre eux en sont restés à ce mode de vie traditionnel, et ceux-là sont les plus éloignés des zones habitées, donc peu accessibles. D'autres pour subsister se sont rapprochés des zones touristiques. Alors que jusqu'à aujourd'hui, ils n'avaient reçu que quelques visiteurs individuels et respectueux de leur civilisation, désormais, des groupes entiers de touristes envahissent leurs îles.
Certains se sont déjà accoutumés à ces visiteurs, et vivent des droits d'entrée et des ventes d'objets qu'ils fabriquent… Mais ces droits ne sont pas élevés. Et ils ont commencé à se mettre en grève.
En conséquence, les touristes se tournent vers les autres îlots, ceux où les Uros vivent encore de façon traditionnelle.
Ceux-là n'ont pas grand chose à leur vendre, et regrettent de ne pas pouvoir recevoir ces étrangers à leur manière. Ils vivent de leur pêche, aidés par ce que leur laissent les touristes en partant, parce qu'il n'y a pas de droits d'entrée. Ils les regardent aller et venir dans leur domaine, et se sentent mal à l'aise. Mais combien de temps ces derniers véritables Uros résisteront-ils à l'attrait de la civilisation et à l'argent du tourisme ?
A l'heure actuelle, il reste encore quelques îlots où le visiteur peut venir seul, et partager un vrai moment de vie, mais pour combien de temps?
SOMMAIRE
...