| DIRE NON !  Avant tout, on veut plaire! Nous les filles, avons d'ailleurs été éduquées en ce sens. Au départ, c'est une question de survie. En tant que bébé, pour qu'on nous nourrisse et qu'on nous pardonne les nuits blanches, les otites et les poussées de dents, on a dû séduire nos parents. C'était impératif. Puis en grandissant, la majorité des petites filles ont apprise à se valoriser en prenant soin des autres ( nos frères et soeurs, nos amies, nos parents aussi parfois ). Malheureusement l'éducation des petites filles se fait à leur détriment en leur laissant croire qu'elles ne seront aimées qu'à certaines conditions ! Plaire et rendre service aux autres ! Mais ce premier rôle, on devrait normalement le délaisser au fur et à mesure qu'on grandit, puisqu'on en arrive à assurer soi-même ses besoins vitaux. Seulement voilà: on continue de penser: «Si je dis non, ils ne vont plus m'aimer, ils vont m'abandonner.» Alors c'est simple, on dit oui. À tout !
Par désir d'être aimée, admirée, ou tout bonnement par crainte d'être abandonnée, on apprendrait à satisfaire notre entourage avant de se satisfaire soi-même.
 Certaines d'entre nous sont rapides, répondent du tac au tac, savent tout de suite si telle ou telle offre leur convient ou non. Pour d'autres, la réponse vient après un temps de réflexion. Ces dernières risquent davantage de souffrir de la difficulté d'imposer leurs limites, pour la simple et bonne raison qu'il leur faut du temps avant de se connaître.
Si vous êtes sans cesse centrée sur le besoin des autres vous comprendrez difficilement pour quelles raisons vos opinions, vos questions, vos réponses surviennent toujours tard (souvent le lendemain), et tant que vous n'accepterez pas votre manière de fonctionner (qui exige seulement un peu de temps), vous risquerez toujours de déraper dans l'univers des autres. « J'y pense et je te rappelle.» Cette petite phrase pourrait grandement nous servir. Il est conseillé de prendre un temps de réflexion avant de répondre à toute demande. La grande clef, c'est la connaissance de soi. Ne seriez-vous pas encore dans le «plaire à tous» (parce que vous êtes encore dans le mode de vouloir être une «bonne fille»)? Quelle est votre nature profonde, votre tempérament? Avez-vous besoin de temps avant de formuler ce que vous souhaitez? En sachant qui vous êtes vraiment, vous développerez les bons mécanismes d'action. C'est là qu'il faut réagir. Si vous ne prenez pas votre place, les autres n'hésiteront pas à prendre la leur... et la vôtre avec! Oser dire non reste un geste audacieux. On court le risque d'y perdre des amis et on est assurée que certaines relations vont changer. C'est un test de vérité. Seules demeureront les vraies relations, celles qui n'existent pas sous condition. Mais en y réfléchissant bien, qu'avez-vous à perdre? Ceux qui vous aiment seront heureux de vous voir enfin libérée du fardeau de la gentillesse extrême.  On s'y met ! Pour éviter de se fondre dans les désirs des autres, il faudrait d'abord repérer les situations problématiques. Avec qui a-t-on de la difficulté? Les membres de notre famille, les hommes, les autres femmes, l'autorité? Ensuite, on classe tout ça par ordre d'importance: dans quelles situations et avec qui êtes-vous particulièrement vulnérable? Avec qui est-ce relativement simple? Et, très important, qui sont les gens qui ne vous quitteront pas au premier non? C'est sur eux qu'on va se tester! 1. La technique du disque brisé, qui consiste à adopter une phrase passe-partout et à la répéter ad vitam æternam, peut être d'un grand secours. Par exemple, si le macho d'à côté veut absolument passer la soirée en votre compagnie, vous lui direz: «Non, ce soir, ça n'adonne pas» trois ou quatre fois, selon son insistance. C'est simple, facile à retenir, et à ce jeu, les «achalants» se tanneront vite. 2. Autre bouée de sauvetage, la notion de points de vue subjectifs. Pour prendre conscience de ce que l'on veut vraiment, départagé ce que chacun dit. Quand on vous demande quelque chose qui ne vous tente pas vraiment, faites bien attention de dissocier le point de vue de l'autre («Tu crois que nous devrions nous voir ce soir») du vôtre («Je n'ai pas le temps, j'ai déjà prévu de faire autre chose»).
3. Si vous faites face à une grande question existentielle («Est-ce que je devrais divorcer ou plutôt retourner vivre avec mon conjoint ?»), je vous propose la technique du « Raconte-moi une histoire ». Il s'agit d'écrire une fiction dans laquelle vous racontez à quelqu'un (vos futurs enfants, par exemple) ce que serait votre vie 20 ans plus tard selon le scénario no 1 ( en divorcant ) et, si cet avenir ne vous semble pas attrayant, selon le scénario no 2 ( retour avec le conjoint ). Très instructif. 4. Important aussi de s'accepter telle qu'on est en laissant de la place à sa colère. Laissez le monstre sortir du placard, il disparaîtra bien plus vite que vous ne le croyez. C'est la colère cachée et enfouie qui est dangereuse, pas celle sainement exprimée. Faites-vous rebelle plutôt que caméléon! 
... ET DIRE OUI
«J'ai tellement peur de tout rater... Je préfère ne pas sortir des sentiers battus... Je suis certaine que ça ne marchera pas... Choisir, c'est risquer de se tromper...» Le problème, qu'il s'agisse de dire oui ou de dire non, est toujours dans l'affirmation de soi. Tout accepter de tout le monde dénoterait un altruisme démesuré et d'une incapacité à définir ses limites, tandis que refuser les nouveaux défis indiquerait surtout que la peur a pris le dessus. Bien sûr que rien n'est gagné d'avance, bien sûr que la peur est présente, mais il faut la vaincre, et le seul moyen d'y parvenir, c'est de l'affronter. Agissez ! Et répétez les expériences positives, il n'y a rien de tel que d'exercer son cerveau au succès !
Essayez l'autosuggestion. Pour passer de la souffrance au contrôle de votre vie, répétez-vous: «Je suis forte et je suis aimée.» Car, oui, une femme peut être à la fois forte et aimée! Si vous appartenez au clan des victimes, dites adieu une fois pour toutes au temps où les autres étaient les éternels responsables de vos déboires. Vous êtes maintenant seule à la barre de votre bateau et pleinement maître de votre sort!
C'est le moment de « penser positif » tout en restant « dans le réel ». Vous avez le droit de voir la vie en rose, même si certains de vos proches, qui avaient l'habitude de vous marcher sur les pieds, n'accepteront probablement pas votre nouveau regard sur la vie. Tant pis, bon débarras! Bien sûr, votre nouveau comportement fonceur ne sera peut-être pas «opérationnel» du jour au lendemain. Ça s'appelle le syndrome du balancier: en vous affirmant, vous aurez tendance à aller un peu trop loin les premiers temps. Normal, vous êtes en période d'apprentissage. Accueillez-vous et soyez patiente envers vous-même ! La peur du jugement des autres guide trop souvent notre vie. Il nous faut comprendre que les autres ne sont pas nous et qu'en fin de compte, leur importance est relative. Dire non aux autres signifie souvent dire oui à soi-même
 référence: " Ose qui peut ! Dire Non " http://www.canoe.qc.ca/artdevivresociete/oct16_osez_a-can.html   |