AUTUMNUS
Le vent dépouille la nature affolée.
Le ciel n'a plus ce beau regard d'amitié.
Nos corps frissonnent à ces giboulées.
On se renferme dans ce buron de berger.
Le faste des paysages s'envole en des bourrasques.
On se prépare à de longues veillées sans frasque.
Ce n'est plus le temps de cueillir des marasques.
La saison se cache sous un épais masque.
La damnation s'effectue en des pas rigides.
Le rideau grisâtre s'ouvre dans un spectacle de rides.
Les feuilles dandinent chassant ces odeurs fétides
Par un froid subit dans une armure malsaine, sans égide.
La charpente humaine s'engouffre vers le calorifique.
Portes closes, le dehors chasse le magnifique.
Les arbres, plus de vêtements angéliques:
Un sifflement macabre, intonation diabolique.
Coeur triste, désespoir de l'esprit malmené par le temps.
Hurlements continus, défeuillaison rouge de sang.
La lune se cache dans une hypocrisie de dément.
Même le prêtre se faufile sous un divan.
Morosité en des craquements lugubres et mystérieux.
Le cycle de la vie se répète en des gestes souffreteux.
La main crie vengeance, s'enrage vers ce sublime Dieu.
Le sommeil envahit ce cerveau bafoué par les tempêtes.
Le rêve prend forme par d'étranges et odieuses fêtes.
Silence... Le cadavre dort entouré de vilaines bêtes.
Silence... J'en ai terminé avec cette lourde tête.
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