Le pont
J'erre dans les champs, dans les chemins obtus.
Chemins rocailleux, peids endoloris d'une souffrance.
Je m'essouffle au moindre pas d'une forte cadence.
Je marche selon le vent sans bruit.
La campagne se chagrine face à cet intrus indécis.
Il accapare le sol de ses pas désinvoltes.
Il trace des sillons marqués de révolte
Divaguant dans ce long parchemin non fleuri.
Je suffoque rapidement d'un coeur tourmenté
Et pourtant le but est proche à la portée de la main.
Mes forces s'amenuisent, étourdissements en ce matin
Où la pluie balaie mes traces d'impureté.
Arbres hostiles, le vent chavire la carcasse humaine.
La pluie noie les yeux de gouttelettes imperceptibles.
Le corps détrempé parjure cet instant difficile.
Décision de continuer malgré ces inlassables peines.
Le vent m'accueille dans sa fureur détestable.
Les éléments s'amusent, le mât tangue sous le poids.
Je rampe mes anxiétés, profanation de la croix:
injures, méchanceté, aucun refuge, aucune étable.
Au loin, perception, la visée de ma démarche.
Le pont...le pont de la délivrance, de la liberté.
Structure solide qui m'invite aux joies passées.
Appels de détresse... il fléchit le patriarche.
Le lendemain, des villageois m'entourent sans explication.
Je suis alité, l'âme déchire de ce pénible déboire.
Mon corps hurle cette inexplicable déception
Guéris ton mal! Ce n'est qu'un aurevoir...
André (Épervier)
epervier2@hotmail.com