Souffrance d'une mère
Tu me regardes maladivement
Dans une souffrance, dans des tourments.
Tes yeux tristes, pauvre Maman
Me font pleurer affreusement.

De ta vitalité à mordre dans la vie,
Il ne reste que le désespoir, l'anémie.
Un cerveau perdu, mille débris
D'un corps si rempli de défis

SajsSans cesse en mouvement perpétuel,
Tu vivais en accéléré dans un monde actuel.
Force de la nature, tes décisions étaient réelles
A une vitesse vertigineuse, sans appel.
Coquette te maquillant de belles robes étalées,
Le chapeau complétait ta beauté féminisée.
On t'enviait pour ta silhouette parfumée,
Tes élans de bonté, de générosité.
La maladie vint freiner ces accords.
L'esprit ne pouvait plus suivre ce corps.
Déchéance physique, combat constant vers la mort,
Vivre dans un flot de paroles sans remords.
Elle se refusait de reconnaître son état dépressif.
Vaillante, vivant dans un monde superlatif,
Elle rejetait froidement dans des gestes expressifs,
D'être entourée par des gens bizarres, pathétiques.

SiSSi parfois j'oubliais une simple visite,
Elle m'appelait dans un désarroi sans limite.
J'accourais pour atténuer ses pleurs d'ermite
Me suppliant de revenir à notre gîte.
On m'appelle pour me signifier la fin.
Un ami vint me reconduire à mon destin.
Elle dormait paisiblement dans un doux refrain...
Pourquoi la réveiller et perpétuer son chagrin?
LLeLe lendemain, le tocsin retentit à ma demeure.
Je savais que le bouquet avait perdu sa fleur.
Tout n'est que passé dans un trémolo où le coeur
Se souvient, se souviendra de ce grand malheur.
jlllA la douce mémoire de
Simonne Leboeuf
éépouépépouse de feu Léon Labrosse
décédée à Charlemange
Le 28 mars 1972
à l'âge de 66 ans et 6 mois