Accordéon.
Instrument portatif à anches libres métalliques actionnées à l'aide de soufflets, breveté en Autriche en 1829 par Cyril Demian. Il est maintenu contre le bas de la poitrine de l'instrumentiste par des courroies et joué au moyen de claviers - un clavier à boutons pour l'accompagnement à la main gauche et un clavier à touches de piano ou à boutons à la main droite (d'où les noms d'« Accordéon-piano » et d'« Accordéon à boutons »). Suite à de profondes modifications du clavier de la main gauche, deux types fondamentaux d'Accordéon sont ainsi apparus : l'Accordéon traditionnel, à basses composées (aussi appelé stradella) sur lequel chaque bouton du clavier de la main gauche correspond à un accord fixe et dont les boutons (ou accords) sont couramment disposés sur six rangs; l'Accordéon à basses chromatiques, sur lequel le clavier de la main gauche n'offre pas d'accord fixe, ses boutons (habituellement sur trois rangs) correspondent à des notes individuelles suivant une gamme chromatique pour constituer un registre allant jusqu'à six octaves et demi. L'Accordéon traditionnel, le plus fréquemment utilisé, a été associé traditionnellement à la musique ethnique, folklorique et populaire. L'Accordéon à basses chromatiques a évolué surtout en tant qu'instrument de concert, son répertoire comprenant essentiellement des transcriptions d'oeuvres classiques et des oeuvres originales de compositeurs contemporains.
Impossible de parler de l'Accordéon en France sans évoquer ce genre qui fit autant pour sa gloire : LE MUSETTE.
Musique adulée par les uns, méprisée par les autres, elles est auprès des étrangers synonyme de Paris, de fête, bref de la "French Way of Life" (manière de vie française).
Ne pas confondre LA et LE Musette !!!
Le mot musette trouve son origine dans le nom d'un instrument de musique traditionnelle. Son succès fut tel qu'il donna son nom à une danse populaire à la cour des rois Louis XIV et Louis XV. Cousine de la cornemuse, elle est composée d'un tuyau percé de pluseurs trous et d'un sac que l'on remplit d'air avec le soufflet que l'on actionne avec le bras gauche.
Naissance du bal "Musette"
Cette expression indiquait au début tout bal donné par un orchestre comprenant au moins une musette qui jouait la mélodie.
Si les premiers bals publics parisiens datent du début du XVIIIème siècle, il faudra attendre le XIXème siècle pour les voir se développer, autant dans les faubourgs de la capitale française qu'à sa périphérie (Belleville, Montmartre, Ménilmontant, ...).
L'arrivée de nombreux Auvergnats à Paris n'est pas étrangère à cela : d'ailleurs, à cette époque, nombre de musiciens de bals sont originaires du centre de la France. Mais les choses vont se gâter au début du XXème siècle, avec l'arrivée de nombreux Italiens. Ceux-ci, avec l'amour de la musique qu'on leur connait, créent rapidement leurs propres bals, dans laquelle la musette se voit souffler la vedette par l'Accordéon, ce qui déplait beaucoup aux Auvergnats ! Ces derniers vont en effet peu apprécier cette concurrence : les conflits vont souvent se régler à coups de poing et rixes au couteau !
Finalement, la musette (l'instrument!) passe peu à peu de mode, et l'Accordéon prend définitivement sa place.
Parmi les pionniers, citons : Charles Peguri (1879-1930), Emile Vacher (1883-1969) et Martin Cayla (1889-1951).
Evolution du Musette
Si ces bals ont un immense succès durant les "Années Folles" (1900-1914), il faudra attendre la fin de la Première Guerre Mondiale pour voir le genre musette prendre la forme qu'on lui connait.
De nouvelles danses font leur apparition : la valse musette, la java, le paso-doble, le fox-trot ...
Les instruments traditionnels disparaissent définitivement, les bourrées et autres danses traditionnelles appartiennent déjà à un autre âge, enterrées par les rythmes marqués par la batterie, devenue incontournable. Le musette s'encanaille aussi avec la musique des Tziganes et des Manouches : les guitares commencent à accompagner l'Accordéon.
Et Aujourd'hui
Si les rockeurs des années 60 aux années 90 ont cru ce genre condamné à mourir, le retour de la société aux valeurs traditionnelles a permis à l'Accordéon et la java de retrouver une nouvcelle jeunesse. De nombreux jeunes Accordéonistes se passionnent de nouveau pour ces danses qui "font danser Grand'Mère" et les thés dansants investissent les Boîtes de Nuit les plus branchées !