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COMMUNIQUE DE PRESSE

de Me Patricia van der Smissen, avocate de Mme Regina Louf - samedi 6 mars 2004.

A l’occasion de l’ouverture du procès « Dutroux, Nihoul et consorts », de nombreux médias sont revenus sur le dossier de ma cliente, Madame Regina Louf ( témoin « X1 » ). Sans entrer dans une polémique, force est de constater que de nombreux journalistes persistent à parler de Madame Regina Louf en termes injurieux, inexacts et parfois mensongers. Une courte mise au point mérite d’être établie.

Le collège d’experts psychiatres qui ont examiné Madame Regina Louf à la demande de la justice ont conclu qu’elle avait été victime d’abus sexuels massifs durant son enfance et que son témoignage pouvait servir de base à une enquête. Les magistrats qui se sont réunis en une conférence de presse extraordinaire le 30 janvier 1998 ont décrété qu’à ce stade, son témoignage ne pouvait être ni confirmé ni infirmé. Par la suite, les éléments qui seront mis publiquement en avant pour discréditer son témoignage sont tous directement issus des « rapports de relecture » de ses auditions. Or, l’adjudant De Baets et son équipe ont été entièrement blanchis et réhabilités suite aux accusations portées contre eux en relation avec leur travail dans ce dossier. En janvier 2000, une ordonnance de non-lieu clôture l’instruction menée à leur charge. En juin 2000, la hiérarchie de la gendarmerie ( contre qui ils avaient introduit des actions judiciaires ) prend également une décision favorable à leur sujet. Un long et minutieux rapport interne analyse en détail les rapports de relecture et conclut qu’aucun des arguments développés par les gendarmes relecteurs n’est pertinent. Réintégré à la gendarmerie, l’adjudant De Baets reçoit en novembre 2000 une lettre de sa hiérarchie le félicitant pour son travail loyal, professionnel, intègre et objectif durant les auditions de Regina Louf.

La logique la plus élémentaire eût voulu qu’en ces circonstances, l’enquête sur base du témoignage de Madame Louf soit reprise au stade où elle se trouvait lors de l’écartement de la première équipe d’enquêteurs, en été 1997. Tous ces éléments ont été communiqués à la justice, ainsi que de nombreux autres, à l’appui de conclusions sollicitant plusieurs dizaines de devoirs d’enquête complémentaires sur base des pistes ouvertes dans le dossier de Madame Regina Louf. Car, contrairement à ce qu’affirment certains médias, ce dossier est toujours ouvert aujourd’hui.

Après avoir « dormi » pendant deux ans au parquet général de Liège, ce dossier a fait l’objet d’une ordonnance de la chambre du conseil de Neufchâteau du 30 octobre 2003 qui a estimé Monsieur le juge d’instruction Langlois territorialement incompétent. Il appartient au parquet de transférer le dossier vers un autre arrondissement judiciaire. Nous attendons toujours que cette communication soit opérée.

Il est important de rappeler qu’à ce jour, aucune vérité - même judiciaire - n’a été établie au sujet de la crédibilité du témoignage de Madame Regina Louf. Cette évidence est même affirmée par un jugement du tribunal de première instance de Bruxelles du 30 septembre 2002. Aucun élément du dossier ne permet d’affirmer que l’ensemble, ni même une grande partie de ce témoignage serait inexact. En revanche, de nombreux éléments viennent confirmer certains aspects de son récit.

A l’heure où le procès « Dutroux et consorts » incite les médias au plus grand respect envers les victimes, il convient de rappeler que la qualité de victime de Madame Regina Louf n’est contestée par aucun des magistrats ou policiers qui ont eu à connaître de son dossier. A ce titre, elle mérite, elle aussi, certainement d’être traitée avec respect et mesure.

Patricia van der Smissen, avocate - Avenue Huart Hamoir, 21 1030 Bruxelles Tél. : 02/ 248.27.20. Port. : 0478/ 54.69.50.

 

 

 

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