Le Soir, jeudi 15.6.2006

Les parents reçus par le procureur
"Les autorités judiciaires ont également expliqué aux parents pourquoi leurs autres enfants avaient été retirés à leur garde. Deux des quatre enfants que le couple a eus ensemble ou qui sont nés d'autres unions ont été placés dans des lieux d'accueil. Les deux autres ont été placés totalement sous la garde de leur papa, également papa de Nathalie Mahy. On nous a dit que cela avait été fait pour leur éviter le climat actuel et non pas pour nous sanctionner, a précisé M. Lemmens."
Le Soir, vendredi 16.6.2006

Onkelinx est arrivée à Liège
"La ministre de la Justice, Laurette Onkelinx, est arrivée au palais de Justice de Liège vers 15h50. Elle a été reçue par le procureur général Cédric Visart de Bocarmé et le premier président de la cour d'appel, Michel Jaochim. A son arrivée, la ministre n'a pas voulu confirmer que sa visite avait un lien avec la disparition des deux fillettes. Elle a simplement déclaré qu'il s'agissait d'une "réunion de travail".
Onkelinx est d'avis qu'on a tiré les leçons du passé et a refusé de répondre à propos des antécédents judiciaires du suspect qui a été arrêté.
La Dernière Heure, samedi 17.6.2006

La mère de Stacy maltraitait sa fille - Christiane Granziero a écopé de 12 mois de prison avec sursis pour coups et séquestration
"Alors que l’actualité judiciaire bat son plein avec la tragique disparition de Stacy et Nathalie, le tribunal correctionnel de Liège avait à juger Christiane Granziero, maman de six enfants dont la petite Stacy.
C’est pour des préventions choquantes que la mère devait comparaître. Ainsi, Christiane Granziero devait répondre de coups volontaires, de séquestration, de privation d’aliments et de soustraction, le tout commis sur ses enfants !
Les faits commis par Christiane Granziero étaient tellement graves que cette mère et son compagnon de l’époque, ont été condamnés à deux ans de prison ferme par défaut.
Au moment des faits, en 2001, Stacy était à peine âgée de 2 ans, mais ses frères étaient assez grands pour se plaindre des traitements qui leur étaient infligés.
À ce titre, les déclarations des enfants, âgés de 4 à 11 ans, font froid dans le dos. Ainsi, les petits ont expliqué qu’ils étaient frappés avec une boucle de ceinture, un essuie roulé ou encore un cintre. Mais ce n’est pas tout, les enfants ont également déclaré qu’ils étaient privés de nourriture et qu’ils étaient régulièrement enfermés dans la cave pendant que leur mère était au bistrot.
D’ailleurs les inspecteurs ont constaté que le frigo de Christiane était fermé à l’aide d’un cadenas ! “C’est mon ancien mari qui avait mis ce cadenas, a tenté de justifier Christiane lors de la première audience. Mais c’est vrai que lorsque j’achetais six yaourts et que lorsque j’allais voir dans le frigo, il n’en restait plus qu’un. Les enfants n’arrêtaient pas de voler de la nourriture. Je n’allais pas au bistrot, je leur disais que j’allais au café car je me prostituais. Je préférais leur mentir. Je ne les ai jamais battus et ils n’étaient jamais enfermés”, a-t-elle poursuivi.
Pourtant, lors de ses déclarations, la prévenue avait déclaré qu’elle enfermait ses enfants lorsqu’elle allait travailler et qu’elle venait de temps en temps voir si tout se passait bien.
Mais lors de cette audience, Christiane Granziero devait également répondre d’avoir soustrait Stacy et son frère âgé de 11 ans, alors qu’une décision de justice ordonnait le placement de ceux-ci dans une institution.
Christiane a avoué avoir commis ces faits. Le tribunal a estimé que les coups volontaires, les séquestrations et la soustraction étaient établis.
Par contre, les juges ont estimé que la malnutrition n’était pas prouvée car les enfants n’étaient pas en péril grave. Christiane Granziero vient d’écoper en opposition de 12 mois de prison avec sursis tandis que son compagnon a été condamné à 150 heures de travail."
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"Pitoyable d’apprendre au tribunal comment Christiane Granziero et Jean-Luc, son concubin d’alors, s’occupaient de leurs six enfants. Dans leur plus tendre enfance, Stacy et ses cinq frères ont été victimes d’actes de maltraitance et ont subi des sévices.
En 2003, le service jeunesse dresse un constat effrayant. Mme Granziero perdra la garde et Stacy, alors 5 ans, connaîtra enfin le bonheur de vivre dans un foyer équilibré. Son père, Thierry Lemmens, s’était battu pour la récupérer. Une dame, Eveline, veillera à lui offrir stabilité, tendresse et le confort de vie décent que ses grands frères et elle n’avaient jamais connus.
Il est clairement question de sadisme. Les enfants devaient rester des heures en position agenouillée. Pour un oui, pour un non, le plus souvent sans raison, ils étaient battus à coups de ceinture. Un procédé éducatif consistait à obliger l’enfant puni à se tenir droit, de longs moments sans bouger, en tenant à bout de bras des annuaires téléphoniques (remplacés, pour les plus petits, par des cassettes vidéo plus légères). Interrogés par des policiers spécialisés, les enfants se plaignaient d’avoir manqué l’école “trois mois”. Qui s’occupait de Stacy ? Ses grands frères lui donnaient le bain tandis que maman et Jean-Luc, disent-ils, “puaient l’alcool”. Parfois on leur servait des frites. C’était plus souvent des tartines. Les chiens étaient mieux nourris : “Eux ont droit à de la pâtée.” Pour les dissuader de manger à leur faim, les concubins avaient cadenassé le frigo et la cave où se trouvait la réserve. Choqués, les petits décrivent des scènes où Jean-Luc bat les deux chiens avec ses poings. Jamais leur mère n’est intervenue pour les protéger, disaient-ils. Voilà ce que fut la tendre enfance de Stacy disparue depuis huit jours. Leur mère Granziero qui pleure devant les télés, n’avait plus revu sa petite depuis 2 ans, et ne s’en était jamais occupée."