LE SEIGNEUR DÉCRIT SES FORCES
Le Suprême Seigneur dit : Je suis la mort, le destructeur puissant du monde. Je suis venu ici pour détruire tout ce monde. Même sans ta participation dans la guerre, tous les guerriers rangés en armées opposés cesseront d’être. (11.32)
Par conséquent, lève-toi et acquiers la gloire. Vaincs tes ennemies, et jouis d’un royaume prospère. Tous ces guerriers ont déjà été détruits par Moi. Tu es seulement un instrument, O Arjuna. (11.33)
Tue Drona, Bhisma, Jayadratha, Karna, et d’autres grands guerriers qui ont déjà été tués par Moi. Ne crains pas. Tu vaincras certainement tes ennemis dans la bataille ; ainsi, combats ! (11.34)
LES PRIÈRES D’ARJUNA À LA FORME COSMIQUE
Samjaya dit : Ayant entendu ces paroles de Krsna ; l’Arjuna couronné, tremblant, les mains jointes, prosterné avec crainte, parla à Krsna d’une voie entrecoupée. (11.35)
Arjuna dit : Il est exacte, O Krsna, le monde trouve ses délices et se réjouit en Te glorifiant. Les démons épouvantés s’enfuient dans toutes les directions. Les légions des Siddhas se prosternent et T’adorent. (11.36)
Comment ne se prosterneraient-ils pas devant Toi, O grande âme, Toi le créateur primordial, qui est plus grand que Brahma, le créateur des mondes matériels ? O Seigneur infini, O Dieu de tous les régnants célestes (Devas), O demeure de l’univers, Tu es Sat (Éternel) et Asat (Temporel), et le Suprême Être (Para-Brahman) qui se trouve au-delà de Sat et Asat. (11.37)
Tu es le Dieu Primordial, la Personne la plus ancienne. Tu es le refuge ultime de tout l’univers. Tu es celui qui connaît, l’objet de la connaissance, et la demeure suprême. L’univers entier est pénétré par Toi, O Seigneur de la forme infinie. (11.38)
Tu es Vayu, Yama, Agni, Varuna, Sasanka, et Brahma, de même le père de Brahma. Salutations à Toi mille fois, encore et encore salutations à Toi. (11.39)
Mes salutations à Toi, en face de Toi et derrière Toi. O Seigneur, mon obéissance à Toi de toutes parts. Tu es infini en pouvoir et la force incommensurable, Tu pénètres tout et Tu es en tout. (11.40)
Te considérant imprudemment comme un ami, et ignorant Ta grandeur, je T’ai appelé par inadvertance O Krsna, O Yadava, O Ami, etc., simplement par affection ou par inconscience. (11.41)
Quelle que soit la façon dont j’ai pu T’avoir insulté par plaisanterie ; pendant le jeu, couché ou assis, ou au repas, seul ou parmi les autres ; O Krsna, l’incommensurable, je T’implore pardonne-moi. (11.42)
Tu es le père de ce monde animé et inanimé, et le plus grand gourou qu’on puisse adorer. Il n’en existe pas un qui puisse T’égaler dans les trois mondes ; et qui pourrait Te surpasser ? O Être incomparable en gloire. (11.43)
Par conséquent, O Seigneur adorable, je cherche Ta miséricorde en m’inclinant et prosternant mon corps devant Toi. Comme un père pour son enfant, un ami pour son ami, et un époux pour son épouse, O Seigneur. (11.44)
Je suis heureux de contempler ce qui n’a jamais été vu auparavant, mais mon mental est accablé par la peur. Par conséquent, O Dieu des régnants célestes (Devas), le refuge de l’univers, aie pitié de moi ; et montre-moi cette forme (à quatre bras). (11.45)
IL EST POSSIBLE DE VOIR DIEU DANS LA FORME DE SON CHOIX
Je désire Te voir couronné, portant la massue et le disque dans Ta main. Par conséquent, O Seigneur aux milliers de bras et la forme universelle, apparais je T’en supplie avec Ta forme à quatre bras. (11.46)
Le Suprême Seigneur dit : O Arjuna, étant satisfait de toi, Je t’ai montré par Mes propres forces yoguiques, cette forme suprême, lumineuse, universelle, infinie, et primordiale de Moi, et qui avant n’a jamais été vue par un autre que toi. (11.47)
O Arjuna, ni l’étude des Védas, ni les sacrifices, ni la charité, ni les rituels, ni les austérités sévères permettent à quiconque de Me voir dans cette forme cosmique, sauf nul autre que toi dans ce monde humain. (11.48)
LE SEIGNEUR MONTRE À ARJUNA SES QUATRE BRAS ET LA FORME HUMAINE
Ne sois pas perturbé ou déconcerté en voyant une telle forme terrible qui est Mienne. Libéré de la crainte et le mental joyeux, contemple maintenant la forme à quatre bras. (11.49)
Samjaya dit : Ayant ainsi parlé à Arjuna, Krsna révéla Sa forme (à quatre bras). Et, assumant à nouveau Sa forme humaine douce, le Seigneur Krsna, le Grand Être, consola Arjuna si terrifié. (11.50)
Arjuna dit : O Krsna, en revoyant Ta gracieuse forme humaine, je suis apaisé et je reviens à moi. (11.51)
LE SEIGNEUR PEUT ETRE VU PAR LA DEVOTION DOUCE
Le Suprême Seigneur dit : Cette forme (à quatre bras) de Moi que tu as vu est vraiment difficile à apercevoir. Même les régnants célestes (Devas) aspirent de voir cette forme. (11.52)
Ma forme (à quatre bras) que tu viens de voir, ne peut être aperçue ni par l’étude des Védas, ou par l’austérité, ou par des actes de charité, ou par des pratiques rituelles. (11.53)
Ce n’est que par une dévotion inébranlable, que Je peux être vu dans cette forme, qu’on peut Me connaître vraiment, et aussi M’atteindre, O Arjuna. (11.54)
Celui qui accomplit tous travaux pour Moi, et qui Me voit comme le suprême but ; qui est Mon dévot, qui n’a pas d’attachement, libre de toute inimitié envers les êtres ; M’atteins, O Arjuna. (11.55)