LES TROIS TYPES D’INTELLECT
Ecoute maintenant la triple division de l’intellect et de la fermeté, selon les modes de la Nature matérielle, comme Je vais te les exposer pleinement et séparément, O Arjuna. (18.29)
O Arjuna, l’intellect par lequel on comprend la voie de l’action et la voie de la renonciation, l’action juste ou fausse, ce qu’on doit craindre et ce qu’on ne doit pas craindre, la servitude et la libération, cet intellect est du mode bonté. (18.30)
L’intellect par lequel on ne sait pas distinguer entre la justice (Dharma) et l’injustice (Adharma), l’action juste ou fausse ; cet intellect est du mode passion, O Arjuna. (18.31)
L’intellect – qui enveloppé par l’ignorance – accepte l’injustice (Adharma) comme justice (Dharma), et voit toutes choses en l’envers, est du mode ignorance, O Arjuna. (18.32)
LES TROIS TYPES DE RESOLUTION, ET LES QUATRE BUTS DE LA VIE HUMAINE
La fermeté inébranlable par laquelle on manipule les fonctions du mental, Prana (Bioimpulsions), et des sens pour la réalisation de Dieu; cette détermination est du mode bonté, O Arjuna. (18.33)
La fermeté avec laquelle une personne, en aspirant aux fruits du travail, se relie avec grand attachement au Dharma (le devoir), à Artha (la richesse), et à Kama (le plaisir) ; cette détermination, O Arjuna, est du mode passion. (18.34)
La fermeté avec laquelle une personne stupide n’abandonne pas le sommeil, ni la peur, ni le chagrin, ni le désespoir, ni l’insouciance ; cette détermination est du mode ignorance, O Arjuna. (18.35)
LES TROIS TYPES DE PLAISIR
Et maintenant apprends de Moi, O Arjuna, quelles sont les trois sortes de plaisir. Le plaisir par lequel l’homme se réjouit grâce aux résultats des pratiques spirituelles mettant une fin à toutes souffrances. (18.36)
Le plaisir qui apparaît comme un poison au début, mais qui se révèle comme nectar à la fin, provient de la grâce de la connaissance du Soi, et est du mode bonté. (18.37)
Les plaisirs sensuels apparaissent au commencement comme un nectar, mais deviennent du poison à la fin ; tels plaisirs appartiennent au mode passion. (18.38)
Le plaisir qui brouille l’homme au début comme à la fin ; provient du sommeil, de la paresse, et de l’insouciance ; ce plaisir, dit-on, appartient au mode ignorance. (18.39)
Il n’y a aucun être, ni sur terre ou au ciel parmi les régnants célestes (Devas), qui soit libre des trois modes (Gunas) de la Nature matérielle (Prakrti). (18.40)
LA RÉPARTITION DU TRAVAIL DEPEND DE LA CAPACITE DE L’HOMME
La répartition du travail en ces quatre catégories – Brahmana, Ksatriya, Vaisya, et Sudra – dépend aussi des qualités inhérentes de la nature des personnes (ou des dispositions naturelles, et pas vraiment du droit de naissance de quelqu’un), O Arjuna. (18.41)
Les intellectuels qui soutiennent la sérénité, la maîtrise de soi, l’austérité, la pureté, la patience, l’honnêteté, la connaissance transcendantale, l’expérience transcendantale, la foi en Dieu sont rangés parmi les Brahmanas. (18.42)
Ceux qui ont les qualités de l’héroïsme, de vigueur, de fermeté, de dextérité, le non-abandon du champ de bataille, la charité, et les capacités administratives, sont appelés Ksatriyas, ou protecteurs. (18.43)
Ceux qui sont bons en agriculture, à l’élevage du bétail, le commerce, la négociation, l’industrie, sont appelés des Vaisyas. Ceux qui ont la capacité de servir ou qui travaillent dans la manutention de tout genre sont classés parmi les Sudras. (18.44)
L'ACQUISITION DU SALUT PAR LE DEVOIR, LA DISCIPLINE, ET LA DEVOTION
On peut atteindre la plus haute perfection en s’attachant à son travail naturel. Écoute Moi maintenant, comment on atteint la perfection en s’engageant à son travail naturel. (18.45)
On atteint la perfection en adorant le Suprême Être d’où procèdent tous les êtres, et dont est pénétré tout cet univers – par l’accomplissement de son propre devoir pour Lui. (18.46)
Mieux vaut suivre son propre travail naturel inférieur, que le travail supérieur anormal même réalisé correctement. En accomplissant le travail prescrit par sa propre nature inhérente (sans motifs intéressés), on n’encourt pas de péché (ou, la réaction Karmique). (18.47)
On ne doit pas abandonner son travail naturel, même s’il est imparfait ; car toutes les entreprises sont enveloppées de défauts, comme le feu l’est par la fumée, O Arjuna. (18.48)
La personne dont le mental est toujours vide d’attachement égoïste, qui a maîtrisé son mental et ses sens, et qui a affranchi tous les désirs ; atteint la suprême perfection de liberté face à l’enchaînement Karmique, en renonçant à l’attachement intéressé aux fruits du travail. (18.49)
Apprends de Moi brièvement, O Arjuna, comment celui qui est arrivé à une telle perfection (ou la libération de l’enchaînement Karmique) atteint la Suprême Personne, le but de la connaissance transcendantale. (18.50)
Doté d’un intellect purifié, maîtrisant le mental par une ferme détermination, se détournant du son et autres objets des sens, rejetant l’attraction et l’aversion ; vivant dans la solitude, mangeant légèrement, tenant sous contrôle le mental, la parole, et les organes d’action, toujours absorbé dans le yoga de méditation, prenant refuge dans le détachement ; et ayant abandonné l’égotisme, la violence, l’arrogance, le désir, la colère, et l’instinct de possession ; il devient paisible, libéré de la notion du « je et moi », et ainsi digne pour s’unir au Suprême Être (Para-Brahman). (18.51-53)
Absorbé dans le Suprême Être (Para-Brahman), l’homme serein ne s’afflige ni ne désire ; devenant impartial envers tous les êtres, il obtient Mon Para-Bhakti, l’amour dévotionnel le plus élevé. (18.54)
Par la dévotion l’homme comprend vraiment ce que Je suis et qui Je suis d’essence. M’ayant connu dans Mon essence, il pénètre immédiatement en Moi. (18.55)
Un Karma dévot atteint par Ma grâce Moksa, la demeure éternelle et immuable – même en accomplissant toutes ses actions – prenant simplement en Moi son refuge, (Me confiant toutes ses actions dans une douce dévotion). (18.56)
Me dédiant sincèrement toutes les actions, prends Moi comme but suprême, et dépend complètement de Moi. Fixe constamment ton mental sur Moi, en recourant au Karma-yoga. (18.57)
Lorsque ton mental se fixe sur Moi, tu surmonteras toutes les difficultés par Ma grâce. Mais si tu ne m’écoutes pas à cause de ton ego, tu périras. (18.58)