(QUE DEVRAIT FAIRE LE SAGE À L’IGNORANT)
Comme l’ignorant agit avec attachement aux fruits du travail, O Arjuna, de même l’homme sage travaille sans attachement pour le bien-être de la société. (3.25)
Le sage ne devrait pas troubler le mental des ignorants qui sont attachés aux fruits du travail, mais l’illuminé devrait inspirer les autres par l’accomplissement de tous travaux, sans attachement intéressé. (Voir aussi 3.29) (3.26)
(TOUTES LES ACTIONS SONT LES ACTIVITÉS DE LA NATURE)
Tous les travaux sont accomplis par l’énergie et la force de la nature ; mais à cause de l’ignorance illusionniste, les gens assument en être les faiseurs. (Voir aussi 5.09, 13 :29, et 14.19) (3.27)
Celui qui connaît la Vérité, O Arjuna, quant au rôle des forces de la nature et leur activité, ne devient pas attaché à l’activité. Une telle personne sait que ce sont les forces de la nature qui agissent avec leurs instruments – nos organes. (3.28)
Ceux qui sont égarés par la force illusoire (Maya) de la Nature deviennent attachés aux fonctions des forces de la Nature. Les sages ne devraient pas troubler le mental des ignorants dont la connaissance est imparfaite. (Voir aussi 3.26) (3.29)
Accomplis ton devoir en Me dédiant toutes actions avec une orientation spirituelle mentale libérée de tout désir, d’attachement, et de fièvre mentale. (3.30)
Ceux qui pratiquent constamment Mon enseignement – avec foi (ou, avec une pleine attention et sincérité) et ne se fiant pas à la critique – sont libérés des chaînes du karma. Mais, ceux qui méprisent Mon enseignement et ne le pratique pas, considère les comme dénués de toute connaissance, inanimés, et perdues. (3.31-32)
Tous les êtres suivent leur propre nature. Même les ages agissent d’après leur propre nature. Quelle est alors l’utilité de la restriction des sens ? (3.33)
(DEUX PIERRES D’ACHOPPEMENT SUR LA VOIE DE LA PERFECTION)
L’attachement et l’aversion (Raja et Dvesa) pour les objets de sens résident dans les sens. Que nul ne vienne sous le contrôle de ces deux, car vraiment ils sont deux pierres d’achoppement majeures, sur la voie de la réalisation du Soi. (3.34)
Le travail inférieur et naturel de l’homme est préférable au travail supérieur dénaturé. Il est préférable de mourir en accomplissant son travail naturel. Le travail dénaturé produit beaucoup trop de tension. (Voir aussi 18.47) (3.35)
(LE DÉSIR EST À L’ORIGINE DU PÉCHÉ)
Arjuna dit : O Krsna, par quoi l’homme est-il poussé à commettre le péché, tout comme contre son gré et forcé contre sa propre volonté ? (3.36)
Le Suprême Seigneur dit : C’est le désir (Kama) né de la passion (Rajo Guna) qui devient colère (lorsque inaccompli). Le désir est insatiable et est un grand démon. Sache que c’est le grand ennemi. (3.37)
Comme le feu est enveloppé par la fumée, comme un miroir est recouvert de poussière et l’embryon par l’amnios, de même la connaissance de Soi (Brahma-jnana) s’obscurcit par le désir. (3.38)
O Arjuna, la connaissance de Soi (Brahma-jnana) s’enveloppe ainsi par l’insatiable feu du désir, l’éternel ennemi du sage. (3.39)
Les sens, le mental, et l’intellect sont, dit-on, le siège du désir (Kama). Kama – en contrôlant les sens, le mental, et l’intellect – égare la personne de la connaissance du Soi (Jnana). (3.40)
Par conséquent, O Arjuna, en contrôlant d’abord les sens, détruis ce démon du désir matériel qui ruine la connaissance et la réalisation du Soi. (3.41)
(COMMENT CONTRÔLER LE DÉSIR)
On dit que les sens sont supérieurs au corps, le mental supérieur aux sens, l’intellect supérieur au mental, et Atmâ (Esprit) supérieur à l’intellect. (Voir aussi KaU 3.10, et Gîtâ (6.07-08) (3.42)
Connaissant le Soi (Atmâ) comme étant supérieur à l’intellect, et contrôlant le mental par l’intellect (qui est purifié par des pratiques spirituelles), on doit tuer le désir (Kama) cet ennemi puissant, O Arjuna. (3.43)
Ainsi prend fin le troisième chapitre intitulé «La Voie de Karma Yoga » dans les Upanisad de la Bhagavadgita, l’écriture de yoga, touchant la science de l’Absolu dans la forme du dialogue entre Srikrsna et Arjuna.