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Maladie des glandes surrénales chez le furet

« Mon furet perd ses poils ».

Alors que la perte de poils chez le furet peut survenir pour beaucoup de causes, je souhaiterais me concentrer sur la raison la plus commune, tendant à devenir le sujet le plus discuté à propos de la perte de poils sévère – à savoir les lésions prolifératives des glandes surrénales chez le furet.

Les furets atteints de lésions au niveau de leurs glandes surrénales – comprenant aussi bien des zones hyperplasiques que des néoplasies malignes du cortex  (de la glande, NDT) – montrent en principe les mêmes signes cliniques quelle que soit la forme de la tumeur présente. Ces symptômes, sont aisés à reconnaître et, dans la majorité des cas, si caractéristiques qu’aucun autre test de diagnostic n’est nécessaire avant d’entreprendre un traitement.

Les symptômes de la maladie des glandes surrénales chez le furet sont très bien documentés (Fox et al. (et alii, et autres, NDT), 1993, Rosenthal et al., 1993, Lipman et al., 1993), cependant, les causes de ces symptômes ne sont pas clairement établies. Les lésions des glandes surrénales peuvent être observées dans une fourchette d’animaux âgés de un à sept ans, la moyenne se situant vers 3 ans ½. Dans une étude (Rosenthal, 1993), 70% des furets affectés étaient des femelles.  La perte de poils (ou alopécie), est de loin le symptôme le plus commun chez les furets atteints (par cette maladie, NDT).  La perte de poils commence souvent par la queue, et progresse sur le tronc, les flancs et l’abdomen jusqu’à ce que le pelage ne soit plus visible que sur le cou, la tête et les extrémités.  De plus, chez les femelles stérilisées, la vulve se met à enfler de sorte que le propriétaire peut croire faussement à des chaleurs. Un mucus clair suintant de la vulve peut également être observé. (Le gonflement de la vulve chez une femelle stérilisée est à lui seul une raison suffisante pour entreprendre une exploration chirurgicale de l’abdomen). D’autres signes cliniques peuvent être observés chez les furets atteints par la maladie des glandes surrénales, comme des démangeaisons, soif et mictions en excès, anémie, perte de poids et, dans les cas avancés, difficultés à utiliser le train arrière.

La raison de la perte des poils et du gonflement vulvaire reste inconnue. Dans d’autres cas, avec hyperadrénocorticisme, la mise en circulation d’un fort taux de corticostéroïdes de provenance surrénale, provoque l’atrophie des bulbes pileux et l’amincissement de la peau elle-même, ce qui provoque l’alopécie. Mais depuis que nous savons que ces furets (malades, NDT) ne peuvent avoir des taux de cortisone aussi élevés, cette cause ne suffit pas à expliquer les signes cliniques que nous observons. Une théorie plausible a été avancée par des spécialistes du Centre Médical pour Animaux de la ville de New-York. (Rosenthal, 1993). Partant du fait que 36% des furets affectés avait un taux élevé d’oestrogènes dans le sang, la croyance que la stérilisation précoce (la plupart des furets aux U.S.A. sont stérilisés avant l’âge de six semaines) provoque le peuplement des glandes surrénales par des cellules ayant la particularité de sécréter des hormones sexuelles en se développant de manière à « combler le vide » semble être confirmée. Un fort taux d’oestrogènes est connu pour causer l’atrophie des follicules pileux et également causer le gonflement de la vulve chez les femelles comme si elles étaient en chaleurs. De fait, le Dr Rosenthal a démontré que le taux d’oestrogènes présent dans le sérum sanguin était effectivement plus élevé chez les furets atteints de la maladie des glandes surrénales.

Le traitement de la  maladie des glandes surrénales chez le furet consiste principalement en  l’ablation de la glande affectée. [Si la question d’argent pose problème, le Dr Tom Kawasaki à Woodbridge VA, opèrera probablement pour moins de 300 $ (et cela sera le cas de nombreux vétos)]. Dans la plupart des cas, la surrénalectomie est pratiquée uniquement si les symptômes sont évidents. Les examens préopératoires de routine seront à pratiquer chez tous les animaux âgés de plus de 4 ans, comme cela est fait pour n’importe quel type d’intervention chirurgicale. Les tests de diagnostic pratiqués sur d’autres espèces afin de dépister les maladies des glandes surrénales ne sont que rarement utiles chez le furet.

Le test spécifique de détermination du taux d’oestrogènes chez le furet n’est pas facilement disponible, même auprès de laboratoire d’analyses médicales, et  dans la plupart des cas, il n’est pas nécessaire pour confirmer le diagnostic.

En principe, l’une des deux glandes est notablement plus volumineuse que l’autre, et c’est elle qui est ôtée. Pour d’obscures raisons, la glande surrénale gauche est impliquée dans la majorité des lésions (64%), alors que la droite l’est seulement dans 26% des cas, et 8% des furets souffrent des deux glandes à la fois. L’ablation d’une glande surrénale est en général une opération bien tolérée chez les furets, et dans le cas où l’affection est cantonnée à cette glande, les signes cliniques vont disparaître (par ex. les poils vont repousser, et la vulve va désenfler pour reprendre sa taille normale). Chez les sujets atteints de manière bilatérale, l’ablation complète d’une des glandes et partielle de l’autre a été déjà tentée, mais cela implique des risques post-opératoires plus importants.

L’acte chirurgical en lui-même n’est guère compliqué. La surrénalectomie gauche est plutôt aisée, et présente peu de risques de complication. A cause de sa position, près de gros vaisseaux sanguins, (l’ablation de, NDT) la glande surrénale droite nécessite un geste chirurgical plus précis de la part du praticien. Comme toujours, si votre vétérinaire est peu habitué à cette pratique chirurgicale, il prendra conseil auprès d’un confrère plus expérimenté. Dans le cas où l’excision de la glande surrénale incriminée ne serait pas envisageable, un traitement médical mettant en œuvre des médicaments dont le rôle est de détruire une large fraction des cellules du cortex surrénal pourrait être tenté.  Malheureusement, ces médicaments ne ciblent pas les cellules sécrétrices d’oestrogènes, et agissent également sur les autres.  Pour cette raison, cette forme de traitement est à réserver uniquement aux animaux pour lesquels la chirurgie est contre-indiquée.

Hélas, toutes les chirurgies pratiquées sur les glandes surrénales ne se terminent pas par un succès.  La mortalité post-opératoire oscille entre 10% environ (estimation personnelle de Tom Kawasaki) et 12,5% (Rosenthal, 1993). La cause de cette mortalité est inconnue, certaines théories se basent sur l’incapacité de la glande non affectée à produire assez de cortisol à bref délai, l’hyperactivité de  l’autre glande ayant entraîné son atrophie.

Observation personnelle – alors que certains propriétaires croient que la perte de poils est d’ordre purement esthétique et souhaitent « ne pas imposer à leur animal familier le stress d’une opération », laissez-moi vous dire que les dommages amenés par la maladie des glandes surrénales chez les furets sont  cumulatifs et progressifs. Les animaux atteints par cette maladie ne perdent pas seulement leurs poils – mais aussi de leur masse musculaire, et ont peu de vivacité. Alors que les lésions elles-mêmes sont rarement mortelles (en plus de cent-vingt cas, je n’ai observé que deux cas de tumeurs ayant métastasé), leurs conséquences cliniques sont invalidantes et réduisent grandement la qualité de vie des furets.

(Lorsque j’ai remarqué les symptômes de ces maladies chez l’une de mes furettes, âgée de six ans à ce jour – je l’ai opérée immédiatement. Les poils ont repoussé, la vulve est revenue à sa taille normale et elle est plus en forme que jamais).

La maladie des glandes surrénales chez le furet est habituelle, et si elle est détectée par un propriétaire attentif ou un praticien expérimenté, on en vient facilement à bout.

Faites examiner vos furets glabres, et ayez de joyeuses vacances pleines de furets.

 

(Bibliographie non traduite, NDT) :

1. Fox J.G, et. al. Hyperadrenocorticism in a ferret. JAVMA, 191: 343, 1987.

2. Lawrence, H.J. et al. Unilateral adrenalectomy as a treatment for adrenocortical tumors in ferrets: Five cases (1990-1992). JAVMA 203: 267-270, 1993.

3. Lipman, N.S. et al. Estradiol-17B-secreting adrenocortical tumor in a ferret. JAVMA 203(11): 1552-1554, 1 Dec 1993.

4. Rosenthal, K.L. et al. Hyperadrenocorticism associated with adrenocortical tumor or nodular hyperplasia of the adrenal gland in ferrets: 50 cases (1987-1991). JAVMA 203: 271-275, 1993.

Bruce Williams, DVM

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