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La consommation d’os : En fin de compte - A

Afin de mieux comprendre la raison pour laquelle de nombreux Américains considèrent que les os sont néfastes pour leur animal domestique alors qu’ils ont toujours été parfaitement acceptables depuis des millénaires, il suffit d’étudier l’histoire de l’industrie de la nutrition animale et son association avec les vétérinaires (un parallèle existe entre l’industrie pharmaceutique et certains médecins). Cela ne veut pas dire que les vétérinaires sont de mèche avec l’industrie de la nutrition animale ; ce ne serait que le fruit d’une imagination paranoïaque. Cependant, il existe des influences que certains, parmi lesquels des vétérinaires, reconnaissent volontiers, notamment dans l’acceptation de revendications de couverture émises par les nutritionnistes industriels (nous ne parlons PAS ici des revendications impartiales de scientifiques indépendants. Si vous pensez que les nutritionnistes de l’industrie ne formulent pas leurs affirmations en faveur de leur produit en « oubliant » quelque peu de mentionner les aspects négatifs, alors honte à vous !). Cette influence peut être insidieuse et non identifiable. Par exemple, les fonds disponibles pour la recherche sont ceux offerts par l’industrie de la nutrition animale à des scientifiques répondant aux questions que l’industrie se pose. En conséquence, il y a un nombre incalculable de recherches menées sur les aliments marginaux (économiques), surtout afin de les modifier pour les rendre plus appétents, plus riches en nutriments, afin de mieux les formuler, de les extruder plus efficacement… ce genre de choses. Cependant, le nombre d’études consacrées à l’effet des croquettes sur les dents, aux conséquences néfastes des croquettes sur l’espérance de vie, à l’influence des croquettes sur les maladies dentaires, à l’association des croquettes avec les insulinomes du furet, ou même quelque chose d’aussi inoffensif que le risque des furets à manger des os, est extrêmement limité. Si les nutritionnistes animaliers avaient VRAIMENT envie de montrer q’ils se soucient d’apporter aux furets la meilleure nourriture possible, ils examineraient des sujets tels que l’impact d’aliments secs et extrudés sur les dents, la santé buccale, le tractus gastro-intestinal, le pancréas, et la santé à long terme. Dans la même mouvance, si un vétérinaire avait VRAIMENT envie de savoir si la consommation d’os est néfaste pour les furets alors il quantifierait les donnée en observant le nombre d’animaux qui ont eu des problèmes, combien ont été examinés en cabinet et en comparant ces chiffres à la population locale d’animaux domestiques, combien de problèmes ont causé des dégâts mineurs, modérés ou majeurs, combien se sont soldés par la mort, quelles espèces, quelles lignées, quel sexe, quel âge, quels défauts physiques, etc. à quels endroits ces problèmes se sont produits, quels ont été les issues et les coûts, et ENSUITE seulement, comparer les données aux bienfaits sur la santé de la consommation d’os. Si tout ce qu’ils disent se résume à « J’ai vu le problème : les os font du mal aux furets », alors ils ne font que répéter une opinion douteuse et non donner des faits scientifiques. Les faits sont contestables, les résultats peuvent être dupliqués, et N’IMPORTE QUI se munissant d’une calculatrice bon marché peut résoudre un test T[1] pour vérifier si les résultats sont statistiquement significatifs.

De surcroît, un phénomène (plutôt de concentration que de distillation) dont les médecins font l’expérience vient s’ajouter à tout cela. Les professionnels de santé ne voient que des gens malades et demandant de l’aide, ce qui fait que des événements rares revêtent l’apparence de la banalité. Vous pouvez observer un phénomène similaire sur le FML (Ferret Mailing List) où les gens dont les furets ont des problèmes de santé font des prières très visibles, donnant au risque réel d’un problème des proportions bien plus graves que ce qu’il en est en réalité. En conséquence, la PERCEPTION du risque voile le risque réel, le risque AUTHENTIQUE. Par exemple, un vétérinaire qui verra un jour un furet présentant des problèmes du fait de sa consommation d’os, transmettra l’illusion qu’il s’agit d’un problème récurrent alors qu’il s’agira peut-être d’une exception au vu de la population TOTALE des animaux domestiques nourris avec des os au sein de la communauté (ou même du cabinet vétérinaire). Le vétérinaire voit une distillation des problèmes des furets, ce qui, selon l’espèce et le jugement de valeur du client, pourra être étendu à d’autres animaux domestiques plus précieux ; ce sera le cas des maîtres étroitement ayant noué des liens affectifs forts avec leurs animaux, ou ceux qui souffrent de problèmes aussi insignifiants que le fait de se couper les gencives sur une chips, ou ayant une quinte de toux lorsque la bière « descend par le mauvais tuyau ». Est-ce ce manque de fondation scientifique solide qui rend les anecdotes aussi équivoques et dangereuses – elles ignorent le risque absolu et exagèrent grandement la perception du risque.

Dans un dernier temps, regardons comment le problème est traité. Les carnivores stricts et primaires comme les furets sont faits pour manger des carcasses animales. Les furets ont évolué ainsi, leur physiologie unique est parfaitement adaptée à cette tâche et ils ont PLAISIR à l’effectuer. Les croquettes sont un produit manufacturé fabriqué dans un but mercantile par les industriels de la nutrition animale qui font croire aux gens que de verser du biscuit sec, dur, insipide, riche en sucres et sans fibres (botaniques tout du moins) dans un bol satisfait les vrais besoins biomécaniques, sensoriels, physiologiques, nutritionnels et psychologiques de l’animal. Comment fait-on pour faire abandonner aux gens un régime traditionnel qui a fonctionné pendant des millénaires et leur faire acheter un nouveau produit ? Il suffit de s’appuyer sur les NUTRITIONNISTES ANIMALIERS qui formulent un nouveau régime, plus sain. Après tout, c’est bien eux dont le nom est agrémenté des diplômes.

(Et comment donc les furets ont-ils pu survivre des millions d’années sur un régime carnivore sans les recommandations d’un nutritionniste animalier à l’état sauvage comme les putois, ou à l’état domestique, ou encore comment toute l’Amérique (Nord et Sud) a-t-elle pu survivre sans qu’un nutritionniste animalier ne vienne approuver les modes de nourriture ? Est-ce à suggérer que les furets ne survivaient que « marginalement » ? Quelle arrogance vaniteuse et prétentieuse ! Si tel est le cas, alors il ne suffit pas de l’affirmer, il faut le PROUVER, ou bien se lever et tirer la chasse !) QUICONQUE est capable de servir de la nourriture à ses enfants et de ne pas les laisser souffrir de malnutrition, est capable de nourrir un furet sans danger.

Bob C.


[1] Le test T est une méthode statistique de comparaison de deux moyennes observées sur deux échantillons, dont l'un au moins est petit (< 30 et > 5). Ce test permet de dire avec un certain risque (a) fixe, si les deux échantillons diffèrent significativement, c'est-à-dire s'ils ne peuvent pas être considérés comme tirés d'une même population.

 

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