A ce stade vous avez calculé le taux brut de protéines sur la matière sèche; mais ces protéines peuvent être du tendon , de la peau, des poils, ou des plumes. Ce taux ci de protéines peut être satisfaisant pour des furets mais il manque deux éléments d’information importants: c’est la valeur biologique de ces protéines et leur digestibilité.
1) Valeur biologique
Cette valeur dépend des acides aminés contenus et sera différente selon le consommateur. Cette valeur sera différente pour une même nourriture si celle-ci est consommée par un carnivore comme le furet ou un herbivore comme la vache .Cela dépendra de la liste des acides aminés essentiels de l’espèce considérée( acides aminés essentiels: ceux qui sont nécessaires à la vie mais dont l’organisme n’est pas capable d’en assurer la synthèse).
2) Digestibilité
C’est la facilité avec laquelle le tractus gastro-intestinal permet l’absorption de protéines( ou autres) contenues dans l’alimentation .Par exemple, une boule de poils (100% de protéines aura un index de digestibilité de 1% comparé à de la viande qui est ingérable à 80-90%) donc par exemple protéines " provenant de boeuf " ne veut pas dire qu’elles seront aisément assimilables.
Le taux réel utilisable, par l’organisme, pour les protéines, est le produit de trois facteurs précités (% brut de protéines)x(% valeur biologique)x(% digestibilité). Par exemple avec un taux de protéines de 35% , selon le produit utilisé, le taux de protéines réellement assimilé sera entre 10 et 2%.
Mais d’où viennent ces protéines ?
Lorsque j’étais adolescent, j’ai travaillé dans les abattoirs d’un élevage de poulet; je pendais les poulets par les pattes sur le crochet d’une chaîne, ces derniers après aspersion de saumure, étaient électrocutés et plumés, ensuite toujours à la chaîne, les pattes et la tête étaient ôtées, puis ils étaient saignés et éviscérés Après un rapide contrôle sanitaire, le coeur, le foie, le gésier et le corps du poulet étaient conditionnés pour la consommation humaine. Les parties résiduelles ( plumes, tête, pattes, sang, intestins et les morceaux non conformes et appelés sous produits de volailles ou de poulet ) constituaient la majeure partie de la plupart des nourritures pour chats et furets.
Le même processus et la même appellation se produisent pour le boeuf, le porc, la dinde ou le mouton.(N.D.T : dans un passé proche vous aviez entrant dans la fabrication des farines pour animaux, les moutons morts de la tremblante ! !).
L’appellation farine de volaille( poultry meal) peut correspondre à toute chose fabriquée avec des dindes ou poulets entiers, hachés et réduits à l’état de farine.(N.D.T :le premier cas " volaille entière "est évidemment celui qui est le plus proche d’une alimentation d’un mustélidé sauvage).
A moins que la boite de nourriture ne porte l’inscription 100% morceaux de boeuf ou de volaille (pas de sous produits) vous ne pouvez avoir aucune idée de la composition.
Récemment, quelques fabricants d’aliments ont mis sur le marché des produits onéreux issus de morceaux de boeuf de qualité.(un conseil : évitez les produits utilisant les termes " sous produits animaux "(de viande), farine de sous produits de volaille, farine de viande, farine de protéines, hydrolysat. (N.D.T :il ne reste plus guère de marques de croquettes satisfaisantes ! !)
Comment les furets réagissent ils à ce type de nourriture ?
Généralement ils mangent plus, car de façon instinctive ils consommeront les quantités nécessaires pour trouver les substances indispensables à leur survie. L’inconvénient est qu’en mangeant plus ils pourront devenir obèses ( aussi une plus grosse quantité de déjections dans les coins) principalement parce que les croquettes leurs fournissent beaucoup de calories inutiles sous forme, de farine de maïs, de riz, de blé (hydrates de carbone et sucres) qui sont nécessaires à la réalisation de la pâte alimentaire servant à fabriquer les croquettes.
Encore une dernière chose concernant les sous produits. Supposez qu’un furet attrape et mange une souris entière ,si vous comparez le pourcentage en poids de la masse musculaire rapportée au poids des organes produisant ou stockant des hormones, vous verrez que c’est la masse musculaire qui l’emporte. Dans le cas de sous produits d’origines animales, il est évident que le % de viande musculaire est très faible devant les organes internes. Ainsi par rapport à un animal entier dans les sous produits vous avez une augmentation très importante du taux de protéines provenant de glandes thyroïdes, pancréas, thymus, surrénales. Des corrélations certaines ont été établies entre la consommation de produits de ce type à fort taux d’hormones et certaines maladies spécifiques ( cancers inclus) chez les humains, chiens, chats, rats et d’autres animaux.
Suis-je pour l’utilisation des sous produits ?
Comment le pourrais-je puisque je me fais l’avocat d’une alimentation proche de celle trouvée dans la nature sauvage. Personnellement, je serais favorable à une alimentation domestique avec les proportions des divers éléments respectant celles d’un régime alimentaire naturel (incluant plumes et poils) mais ce ne sont pas les proportions de la plupart des nourritures commerciales pour furets ".
