Furets hybrides Il y a des preuves directes et indirectes que les furets domestiques (Mustela furo) peuvent être croisés avec succès avec et les putois d’Europe (M. putorius) et les putois des steppes (M. eversmannii), produisant une descendance hybride viable [Bednarz 1962; Davison et al. 1999; Denisov 1985; Gray 1971; Pitt 1921; Poole 1972; Robinson 1972]. Par extension, puisque les putois des steppes peuvent être croisés avec les furets à pieds noirs (M. nigripes) [Williams et al. 1996], il est au moins possible que les furets domestiques et/ou les putois d’Europe puissent aussi être croisés avec l’espèce menacée. Cela signifie que les relations entre les quatre espèces de putois sont si étroites que les différences génétiques mineures n’empêchent pas des croisements interspécifiques fructueux (c’est à dire l’hybridation). C’est important parce que cela montre que les différences relatives à l’évolution entre ces espèces sont mineures, suggérant une divergence relativement récente à partir d’un ancêtre commun. En effet, le furet à pieds noirs, en temps qu’espèce distincte, a moins de 100,000 ans, et n’a peut-être que 20,000 ans ou moins [Anderson 1986; Anderson 1989; Davison et al. 1999; Youngman 1994]. Bien qu’on considère qu’il existe assez de différences pour permettre la classification de chacun en tant qu’espèce différente, ils ne sont pas tellement différents en réalité. Il y a une controverse importante au sujet de la phylogénétique du putois, certains suggérant que le furet à pieds noirs est une sous-espèce du putois des steppes, et d’autres que tous les putois font partie d’une seule espèce holartique et que les différences sont attribuables à des adaptations géomorphiques [Anderson 1986; Anderson 1989; Davison et al. 1999]. Ces putois sont à peu près tous de la même taille, partagent une physiologie très similaire, produisent à peu près le même nombre de petits par portée, suivent des stratégies de reproduction similaires, vivent une existence similaire, et se nourrissent de proies qui s’abritent typiquement dans des terriers ou sous terre (putois d’Europe : amphibiens, campagnols et lapins, putois des steppes : marmottes, gerbilles et écureuils terrestres, et furets à pieds noirs : chiens de prairie, souries et écureuils terrestres) [Denisov 1985; Farley et al. 1987; Forrest 1985; Hayssen et al. 1993; Lodé 1996; Miller and Anderson 1990]. Pour cette raison, les taxonomistes ont classifié les trois putois—et le furet domestique—dans un seul supergenre, Putorius (dans certaines études, le vison d’Europe, M. lutreola, y est aussi ajouté) [Anderson 1986; Anderson 1989; Davison et al. 1999; Wilson and Reeder 1993]. Des travaux récents suggèrent que les relations entre le furet domestique et les putois d’Europe et des steppes sont si intimes que son ancêtre sauvage ne peut pas être déterminé [Davison et al. 1999]. Pour cette discussion—et ces raisons—la nomenclature binomiale utilisée pour le furet domestique sera Mustela furo, et le terme « putois » devrait être compris comme se référant à un ou tous les membres non domestiqués du supergenre Putorius. Si tous les putois sont si proches, alors en quoi le furet domestique est-il différent? C’est une question majeure, parce que cela suggère ce qu’on pourrait attendre de l’hybridation d’un animal domestique avec son ancêtre sauvage. La domestication entraîne des changements documentés chez les mammifères qui tendent à être non spécifiques à chaque espèce ; aussi, quel que soit le mammifère, les changements induits par la domestication tendent à être assez similaires [Clutton-Brock 1999; Davis and Dent 1968; Grandin 1998]. Par exemple, les changements comportementaux courants incluent l’acceptation accrue de la nouveauté et la « juvénilisation » des comportements, les changements physiologiques incluent une taille de portées et une reproduction accrues et les changements morphologiques incluent une juvénilisation du crâne et l’apparition de marques blanches sur le pelage. Des changements presque identiques se produisent chez presque toutes les espèces de mammifères qui ont été domestiquées, comprenant des carnivores (chiens, chats, furets, vison, renard, chiens viverrins, moufettes), des rongeurs ( rats, souris, cobayes, hamsters), des lagomorphes (lapins), des artiodactyles (bétail, mouton, chèvres, porcs, chameaux, lamas) et périssodactyles (chevaux, ânes). La règle de parcimonie suggère que cela est du à des changements similaires dans des gènes similaires plutôt qu’à une convergence de traits due à des changements différents dans des gènes différents. Pour notre propos, nous considèrerons la génétique de la domestication du furet comme une boîte noire, à savoir, alors que les mécanismes génétiques exacts à l’intérieur de la boîte sont inconnus ou incertains, les résultats de ces interactions génétiques peuvent facilement être vus et quantifiés et notre attention se focalisera sur ces changements mesurables. 
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