Les changements les plus profonds chez le furet domestique sont comportementaux, ce qui s’explique en considérant que les furets ont été domestiqués pour faire ce que les putois faisaient déjà bien—tuer des petits rongeurs et expulser les lapins des terriers en les pourchassant [Aristotle 1970; Strabo 1969].
Ceci indique un désir originel de créer un animal qui était facile à manipuler, plutôt qu’un animal qui ferait son travail différemment.
En d’autres termes, les gens ne voulaient pas autre chose que le putois, ils voulaient simplement un putois qui soit proche de l’homme, donc ils sélectionnèrent en fonction de la docilité et la facilité de reproduction (et peut-être de la bravoure et la curiosité), plutôt que la couleur ou la masse corporelle (l’albinisme et la dépigmentation sont un effet secondaire courant d’une sélection en fonction du comportement, voir plus bas.
Dans ce cas, l’albinisme fut probablement un accident de parcours plutôt que quelque chose recherché activement).).
Ceci est clairement démontré par l’absence de races de furets dans le passé.
Jusqu’à un passé récent, ils ont été limités à deux couleurs de base (une coloration albinos et une zibeline, ou putoisée), et un continuum restreint de morphologies (qui va d’un “whippet” délié à un « bulldog » trapu).
Les furets, tout en montrant clairement une série de comportements qui sont communs au groupe putois, ont certainement certains comportements modifiés pour leur permettre de mieux travailler avec les hommes [Poole 1972].
Certains d’entre eux sont dus à des différences environnementales, pas une mutation génétique, ce qui rend difficile la détermination exacte des changements comportementaux d’origine génétique [Apfelbach 1996; Chivers and Einon 1982; Einon 1995; Jeppesen et al. 2000].
Un exemple est le naturel grégaire des furets souvent évoqué. L’évolution a fait des putois des territorialistes excluant les congénères de même sexe [Lodé 1996], et beaucoup ont vus dans l’acceptation d’autres furets à l’intérieur d’un territoire une indication d’un changement génétique dans leur comportements « antisociaux ».
Cependant, puisque les furets sauvages en Nouvelle-Zélande suivent les mêmes modèles territoriaux que les putois [Lodé 1996; Norbury et al. 1998; Poole 1973; Smith et al. 1995], il est clair qu’aucun changement génétique n’est intervenu dans ce comportement.
Ce qui est arrivé est une juvénilisation généralisée de tous les comportements de base, aussi les autres furets sont considérés comme venant de la même fratrie et bien tolérés si la socialisation intervient précocement (certains comportements d’exclusion peuvent apparaître avec l’introduction d’un nouveau furet dans un groupe établi, où les furets hôtes utiliseront l’agression pour essayer d’exclure le nouveau venu, ou chez le furet occasionnellement « antisocial » qui refuse d’accepter d’autres furets) [Davis and Dent 1968; Grandin 1998].
Le changement le plus spectaculaire a été dans la réaction face à la crainte (la « distance individuelle »). La plupart des putois développent une crainte innée de l’homme entre 1 et 3 mois, et si manipulés régulièrement, ne manifesteront de confiance qu’envers leurs soigneurs habituels.
Pourtant, les furets domestiques manifestent peu ou pas de crainte vis à vis des hommes ou de nouveaux objets dans leur environnement [Bristow-Noble 1928; Petsch 1955; Poole 1972].
Les changements comportementaux sont souvent liés à des changements dans la couleur de la robe [Grandin and Deesing 1998; McLain et al. 1985].
Les têtes de couleur claire, ou les flammes et les bouts de queue blancs, sont associés à la douceur ou la docilité; cependant, si la dépigmentation ne provenant pas d’un albinisme est étendue, il est probable qu’il y aura un impact sur le système nerveux, débouchant sur une altération visuelle ou auditive, de la nervosité ou de l’excitabilité, de l’agressivité, des attaques et d’autres problèmes du système nerveux central [Grandin and Deesing 1998].
L’expression des comportements instinctuels forme un continuum généralisé entre putois, hybrides putois furet et furets, avec les furets montrant l’expression la plus diluée [Bednarz 1962; Eastment and Hughes 1968; Pitt 1921].
Parce qu’une corrélation existe entre le degré d’expression d’un comportement et la taille du cerveau (traduite en capacité crânienne), la morphologie du crâne peut servir pour déduire les changements comportementaux non spécifiques. En d’autres termes, alors qu’on ne sait pas quel comportement a changé, ou le degré du changement, il y a une probabilité statistique qu’un changement se soit produit quand la capacité crânienne est réduite [Kharlamova et al. 1999].
Des changements dans l’expression de la curiosité sont courants (en relation étroite avec les réactions face à la crainte), mais difficiles à différencier des facteurs environnementaux [Haskell 1997; Kusak and Huber 1991]. Il y a une foule d’autres changements comportementaux au delà de la portée de cette discussion.