Les vibrisses, les moustaches du furet
Les vibrisses du furet faussement appelées "moustaches" sont extrêmement sensibles et ont de multiples usages. La nuit, dans l'obscurité, elles fonctionnent comme des antennes et évitent de heurter des obstacles. Elles aident également le furet à juger de la vitesse et de la direction du vent avant d'effectuer un grand saut. le furet les utilise aussi pour mesurer la largeur d'un passage afin de ne pas rester coincé et pour localiser l'origine d'une odeur véhiculée par le vent, comme de la nourriture ou une femelle en chaleur. Le furet avance ses vibrisses pour toucher la proie qu'il vient de tuer et s'assurer qu'elle est bien morte sans avoir à la lâcher. le furet s'en sert également pour saluer d'autres furets ou pour exprimer ses émotions. Pour simple information, le nez humain contient aussi des vibrisses, à l'intérieur du nez, c'est aussi ce qui nous permet de préciser la localisation d'une odeur, ce sont les poils de nez. Le chat a des vibrisses également aux pattes arrière ( radar de recul ?)
Un peu plus technique pour ceux que cela intéresse :
Le nombre et la disposition des vibrisses sur le tégument facial sont déterminés génétiquement. On en compte environ 35 de chaque côté du museau du rat qui sont disposées en rangées (A, B, C, D, E) et en arcs (1, 2, 3, etc). Mécaniquement, les vibrisses agissent comme des leviers; leur déflexion engendre des compressions et étirements au sein du follicule d'implantation où on retrouve trois principaux types de récepteurs: des cellules de Merkel, des récepteurs lanciformes et des terminaisons réticulées. La base de chaque vibrisse est enveloppée d'un sinus veineux qui, par constriction vasculaire, pourrait modifier la sensibilité des récepteurs. En regard du grand nombre de recherches qui utilisent le système des vibrisses comme modèle d'étude, notre connaissance du fonctionnement de cet organe sensoriel est tout à fait rudimentaire. On ne sait quasi rien des mécanismes de transduction et de la fonction respective de chaque type de récepteur, sinon qu'ils sont d'une très grande sensibilité. Des déplacements d'environ 25 µm suffisent pour les activer.
Chaque vibrisse est innervée par un filet nerveux comprenant ~200 fibres myélinisées (deep vibrissal nerve). Ces fibres sont issues des cellules du ganglion trigéminal qui ont un axone en T, et dont les branches centrales se terminent dans les barrelettes du tronc cérébral. Chaque cellule n'innerve qu'une seule vibrisse et n'encode les signaux que d'un type de récepteur. Elles répondent de façon phasique ou tonique au déplacement des vibrisses et la plupart montrent une préférence directionnelle. La présence de différents types de récepteurs aux propriétés dynamiques différentes suggère l'existence de canaux parallèles d'information qui encoderaient différents aspects des stimuli périphériques. Bien que non encore démontré, on pourrait spéculer que la forme et la texture des objets sont encodées par des circuits différents.
Chez les rongeurs à activité nocturne, les vibrisses sont mobiles. Elles bougent à l'unisson et en cadence (5-8 Hz) durant les comportements exploratoires, et/ou individuellement lors de la palpation. Ces mouvements sont induits par les commandes motrices du noyau facial qui provoquent la contraction du muscle papillaire. Ce muscle tire la base du follicule vers l'arrière et la vibrisse pivote vers l'avant (protraction), le conus servant de point de pivot. Le mouvement de retour (rétraction) est assuré par la viscoélasticité du tissu. Les mécanismes neuronaux des mouvements rythmiques sont mal connus. Parce qu'ils persistent chez des animaux décérébrés, on croit qu'ils seraient engendrés par un pacemaker localisé dans le tronc cérébral, et que le cortex cérébral modulerait l'amplitude et la fréquence de ces mouvements.
Recherche Vibrisses de Flup pour LE FURET - Publié en 2005
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