Oui c'est un bel âge, Mais il était en forme ! Il m'a pas prévenu ... On a
grandi ensemble, j'ai appris à monter avec lui ... C'était un banal cheval
de club au départ, Cheval pas très doué à vrai dire ... Mais ça m'arrangeait
au moins personne ne voulait le monter pour travailler. Et puis cela
m'importait peu qu'il ne soit pas doué, On avait eu un coup de foudre et on
était courageux tous les deux; et on les sautait les barres, et on les
réaliser ces reprises de dressage ...
Et puis; j'ai vieilli et j'ai moins pratiqué; Je ne montais pratiquement plus c'est vrai, mais je rendais toujours visite à Aspic : j'avais tant de choses à lui raconter, j'avais tant de choses à lui confier dans les moments
difficiles de ma vie... Et, lui, il était là, à m'écouter, à m'apaiser par ses léchouilles sur ma main.
Puis, mon Papic a vieilli lui aussi; il était
encore moins rentable et l'abattoir l'attendait. En apprenant la nouvelle, comment aurais-je pu accepter cette fin ? Ma sœur et Moi nous sommes
empressées de prendre les dispositions nécessaires et l'avons récupéré avant
qu'il ne parte pour l'assiette. C'était il y a 3 ans, juste avant Noël; c'était le plus beau Noël de ma vie : Aspic et moi étions enfin réunis officiellement...
3 ans de bonheur total qui s'achèvent là ce jeudi 8 décembre 2005. Son cœur
s'est arrêté ... C'est ce qu'on m'a dit : je n'étais pas là ... Je ne l'ai
même pas vu; Quand je suis arrivée,on l'avait déjà amené ... Seules les
traces de ses sabots sur la terre sont là. Il s'est laissé glisser pour
s'endormir sous ce bel arbre. Je ne l'ai pas vu, je ne lui ai pas dit
au revoir; On a pensé qu'il valait mieux que je garde que les bons souvenirs

... Peut être oui Mais j'ai terriblement mal, il trotte en permanence dans
ma tête, je sens son odeur, j'entends ses petits hennissements qu'il faisait
quand j'arrivais, je sens son nez tout doux se frotter contre moi... Il me
manque et je voudrais lui rendre hommage. Je voudrais que tous les amoureux
des chevaux ait une pensée pour lui en l'imaginant galoper de bonheur là où
il est maintenant. Aspic était un amour de cheval, d'une fabuleuse
gentillesse, affectueux à outrance.
J'ai 33 ans et je pleure comme une gamine, je le pleure comme un être cher.
Je me plaisais souvent à dire que c'était lui l'amour de ma vie, et
aujourd'hui, je me rends compte que c'était bien vrai.

