L'HISTOIRE DE ..
NET'SON
Je ne sais pas d'où tu viens. J'espere savoir où tu vas.
Quand je t'ai vu du haut de mes 11 ans, je me suis dit qu'un jour, tu serais à moi, toi et pas un autre.
On m'a dit que tu étais un cheval de CSO, qui avait eu un très bon niveau, mais moi je m'en fichais, les performences, ça ne m'interessait pas. Tu as atterit cheval de club où je montais, et tu étais la propriété d'une dame qui ne connaissait pas les chevaux mais t'avais acheté pour faire plaisir à son grand fils handicapé.
Moi, mon niveau equestre n'était pas des meilleurs, car je preferais m'occuper des chevaux plutôt que les monter. Traumatisée par des chutes à répétitions, j'avais décidé de ne plus galoper. Donc impossible pour moi de progresser.
Je ne montais que des poneys à l'époque, et un jour, on m'a dit, "aujourd'hui tu monteras Net'son".
Toi, à l'époque tu me paraissais une montagne de muscles. Mais je t'ai monté, et après un an, j'ai galopé, enfin, dès le jour où je t'ai monté pour la première fois! Tu as été tellement doux.. Par la suite, tu m'as appris à sauter des obstacles, tu m'as fait passer des galops. Quand je tombais, tu ne m'as jamais piétiné, un jour, tu as même préféré t'affaler sur les barres plutôt que de te receptionner sur moi apres une chute que j'ai faite en plein plané.
Et puis tu es parti. On m'a appris que ton propriétaire te gardait chez lui. Tu m'as manqué, et je te cherchais dans tous les prés.
Un jour tu es revenu, bléssé, par des mauvais traitements. Tu es resté au club, en soins, et je venais te voir dès que je pouvais juste pour te brosser et te parler. Plus question de te monter.
On a repris le travail ensemble, mais tu avais changé. Tu étais un cheval qui t'economisais et qu'on disait lent, donc, tout le monde t'abrutissait de cravache et d'éperons. A ton retour, tu n'as plus voulu de tout ça. Tu as viré tout le monde de ton dos dès qu'une cravache t'effleurait. Mais moi je ne tombais pas, car au grand damne de mon moniteur, je n'ai jamais pu te frapper injustement et faire preuve de brutalité.
Tu as été mis en vente, et mon moniteur me disais à chaque fois que si je ne t'achetais pas, tu irais à la boucherie. Mais quoi faire à 15 ans? Mes parents voulaient bien de toi, mais n'avaient pas de moyens pour te mettre dans un club, et personne autour de chez nous pour t'accueillir.
Un jour tu as disparu, et j'ai cru devenir folle. On m'a dit que tu étais parti à la boucherie (merci encore la delicatesse du moniteur). Mensonge heureusement...
J'ai su où on t'avais emmené, chez une famille qu'on disait très bien. je ne t'ai plus vu pendant 4 ans. Mais je continuais à réver à toi. Le jour ou j'ai eu le permis, j'ai entammé les recherches pour te retrouver. Et moi si timide, je suis arrivée à la porte du château où tu vivais. Chez des gens heureusement très charmant. Tu avais été acheté comme cheval de chasse à courre. Depuis peu tu étais à la retraite et travaillais occasionnellement.
Tu avais me disait-on un caractère bien trempé.
Depuis ton départ, je ne montais plus en club, car il était vide sans toi, et je ne pouvais plus d'entendre ces cavaliers vouloir vendre ou se débarasser de leur chevaux des qu'ils n'étaient plus en forme pour les CSO. J'avais trouvé un joli endroit, chez des amis, qui pratiquaient l'équitation dans le sens ou je l'entendais, faisaient des concours, mais s'engageaient à garder leurs poneys jusqu'au bout de leur vie.
Dans ta charmante nouvelle famille, j'ai pu venir te voir dès que je voulais.
Tu y étais si bien.
Il y a deux moi j'ai reçu une lettre, me disant de venir te chercher si je te voulais, faute de place dans les prés.
Mais que faire, je ne pouvais pas te savoir à nouveau loin, mais où trouver un hébergement dans mes moyens et surtout où tu peux être très heureux? Que faire... J'ai trouvé une solution, tu seras chez un fermier, qui aime les chevaux et te procure tout ce que tu as besoin, et même une vieille copine, je viendrais te voir toutes les semaines, jusqu'a temps que j'ai moi-même une maison pour t'accueillir.
Après 11 ans d'attente, Aujourd'hui tu es à moi, tu vas sur tes 27 ans. Tu es en forme, et tu me combles, je passe des heures dans ton pré, juste pour te regarder. J'ai même renoncé à partir vivre à l'étranger, jusqu'à ce que tu partes au royaume des chevaux.
Aux personnes qui ne comprennent pas qu'on puisse adopter un si vieux cheval, alors c'est que vous n'aimez pas les chevaux mais seulement le plaisir qu'ils vous procurent quand vous les montez. Un cheval est un tout. Merci de les respecter. Si vous achetez un cheval, vous êtes responsable de son avenir et de sa vie, et si vous devez vous en séparer, regardez où vous l'enverrez.
Même vieux, un cheval peut apporter de grandes joies.
Cet hommage est long, mais si court en comparaison à sa vie.
Cela paraît tellement peut pour un cheval qui a passé sa vie à faire plaisir à des cavaliers pas toujours reconnaissant.
"Prie moi de ne pas te quitter
Ni de renoncer à te suivre,
car où tu te rendras j'irais,
et où tu vivras j'irais vivre"