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FRANCOIS-ANDRE DANICAN PHILIDOR,
" Les pions sont l’âme des échecs "
 
François-André Danican Philidor (1726-1795)

François-André Danican Philidor, connu sous le nom du " grand Philidor ", est né à Dreux le 7 septembre 1726. Il grandit dans la musique. Sa famille, d’origine écossaise et connue depuis le XVIIe siècle, compte quatorze instrumentistes dont neuf compositeurs. Son père, André Danican Philidor, cumule les charges auprès de Louis XIV. Compositeur prolixe, il est surtout célèbre comme bibliothècaire du Roi et comme auteur de la fameuse Collection Philidor. Son frère aîné, Anne (qui est un prénom masculin à l’époque), fut le créateur et le premier directeur du " Concert Spirituel " en 1725.

Dès l’âge de dix ans, François-André se fait remarquer chez les musiciens de la Chapelle du Roi où il est page. Chaque jour, en attendant son altesse, tous les musiciens jouent aux échecs. Un jour, Philidor bat le plus chevronné de tous et s’enfui en courant, de peur d’être fouetté ! Adolescent, le jeune Philidor quitte Versailles pour Paris. Il délaisse copies, partitions, élèves pour se livrer au jeu d’échecs. Pris en amitié par le fort joueur Legall, il fait de rapides progrès au point de dépasser son maître en trois ans. Plus tard, le jeu d’échecs le fait rencontré Jean-jacques Rousseau au café Maugis. C’est le début d’une amitié orageuse car avant d’être connu comme philosophe, Rousseau était compositeur mais avec nettement moins de bonheur que dans sa spécialité. Le début de cette amitié et rapporté dans les Confessions. Au chapitre " échecs " du tome V de la Grande Encyclopédie, ses parties y sont décrites. Ses relations avec Diderot sont nettement plus stables et dans Neveu de Rameau, Diderot parle du café de la Régence où s’affrontent les plus grands joueurs de l’époque et cite " Philidor le Subtil ".

A vingt-trois ans, en 1749 Philidor publie à Londres son Analyse du jeu d’échecs mis en chantier un an auparavant à Aix-la-Chapelle. Il y explique les débuts et les fins de partie. L’innovation de cet ouvrage volumineux (les coups étant décrits en phrases) réside dans les notes et renvois à certains coup : Philidor a inventé la partie commentée et à révolutionné sans le savoir la conception des livres d’échecs. Les souscripteurs affluent et l’ouvrages est traduit en anglais en 1750 et en allemand dès 1754. Des éditions en anglais,, espagnol, allemand, néerlandais, italien, danois, suédois, russe et yiddish verront ensuite le jour.

En 1777, Philidor apporte des corrections et enrichit les fins de partie. En 1803, son éditeur a idée d’adopter la notation algébrique moderne et de réduire ainsi considérablement la masse du livre.

Philidor continue de composer. Il est considéré comme l’un des fondateurs, avec deMonsigny, de l’Opéra Comique en France. Mais son talent échiquéen le porte chaque années à Londres de février à juin. Il vit de son art en donnant des parties publiques à l’avantage ou à l’aveugle contre trois adversaire simultanément, ce qui paraît exceptionnel à l’époque. A tel point que les journaux londoniens reproduisent la plupart de ses parties. Favorables aux idées de 1789 ; il repart à Londres en 1792, comme chaque année, mais tombe deux mois plus tard sous le coup de la li de la Convention contre les émigrés. Il ne peut rentrer en France sous peine de mort. Au moment où sa famille restée en France obtient enfin un sauf-conduit pour lui rendre visite, il meurt le 31 août 1795 et est enterré trois jour plus tard à côté de l’église Saint-James.

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