| ’il est, en Armorique, des nymphes, des ondines auprès de l’eau douce, depuis les sources jusqu’aux étangs, le littoral abonde de sirènes, femmes de grande beauté. Mi-femme, mi-poisson, allongée, alanguie, la chevelure souvent entremêlée d’algues, la sirène est symbole de séduction. Aussi, par leurs chants mélodieux, elles attirent sans peine les pêcheurs sous la mer, vers leur palais de corail et de diamant où ils se noient. Sculptées dès le Moyen-Âge, on peut les apercevoir à l’église de Saint-Guénolé de Batz-sur-Mer, à l’église Saint-Sauveur de Dinan… Vers 1870, aux alentours des Sept-Îles, sur le littoral trégorrois, une famille de sirènes faisait entendre ses chants aux pêcheurs. Cependant quand ceux-ci se transformaient en plaintes, les pêcheurs devaient se hâter de regagner Port Blanc car à peine y étaient-ils arrivés que la tempête se déchaînait. A la même époque, toujours sur la côte nord, les pêcheurs entendaient leurs chants et les voyaient jouer sur les flots, laissant sur la mer bleue une trace brillante comme de l’or. S’il leur arrivait d’être surprises pendant leur sommeil, elles récompensaient magnifiquement celui qui les laissait retourner à la mer.  François Blanchet, marin-pêcheur à l'île de Hoedic croise sur son sillage les sirènes qui tentent de charmer les marins pour les entrainer au fond des abysses.  A bord de l'Eulalie, vieux gréement de Paimpol, on croise les morganes de la mer qui surgissent sous l'étrave du bateau.
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