Les tics
Les chevaux, surtout lorsqu'ils s'ennuient, ne sont pas toujours parfaitement bien dans leur peau. Il leur arrive d'avoir des petites manies, des comportements répétitifs et mécaniques qui nuisent parfois à leur santé. En hippologie, on appelle cela des "tics".

Le terme de "tic" est en réalité impropre, car il désigne en hippologie un seul tic, celui qui consiste à avaler sans cesse de l'air. C'est par extension qu'on a pris l'habitude de désigner sous le terme de tics toutes les habitudes bizarres qui sont simplement des stéréotypies.
Ces habitudes ne correspondent à rien de physiologique ni de logique. En effet, le cheval qui tape dans la porte de son box parce qu'il entend venir la brouettes de granulés n'agit que dans un seul but : celui d'être servi. Il s'agit d'un comportement lié à une réalité et qui cesse dès que le cheval a reçu son dû. En revanche, on peut considérer comme un tic le fait de taper à longueur de journée dans la porte, indépendamment des heures de repas ou de situations concrètes.
Les causes :
Un cheval qui tique est un cheval malheureux. Son mode de vie est trop éloigné de ses besoins naturels et il trompe son ennui, son stress ou son mal-être en prenant de très mauvaises habitudes : les tics.
Dans la nature, le cheval passe sa journée à manger car l'herbe est une denrée peu nourrissante. En revanche, au box, il mange aussi mais n'y consacre que très peu de temps car les granulés sont vite avalés. Ayant donc un manque d'occupation, certains chevaux expriment leur ennui et leur malaise par les tics.
Les différents tics :
- le tic rongeur :
Il se rencontre généralement chez les chevaux au box, mais parfois aussi au paddock ou au pré. Ce tic consiste pour l'animal à ronger constamment ce qui l'entoure, le plus souvent du bois. Le cheval ronge les parois de son box, le dessus de sa porte, sa mangeoire, les barrières du paddock...
Comme la plupart des tics, celui-ci est le plus souvent dû à l'ennui. Cependant, il est également possible que l'équidé manque de certains éléments nutritifs. L'utilisation d'un complément alimentaire, la mise à disposition d'une pierre à sel et d'une litière comestible peuvent aider à faire passer cette mauvaise habitude.
Les dents et les mâchoires du cheval sont des armes très efficaces. Un "cheval rongeur" peut donc faire des dégâts considérables dans son écurie, et risque de s'user prématurément les incisives, ce qui peut le gêner dans son alimentation.

Le tic rongeur est une mauvaise manie qui n'épargne
ni les dents du cheval, ni son environnement.
- le tic de l'ours :
Certains chevaux passent la tête par-dessus leur porte et balancent leur encolure de droite à gauche sans répit. On appelle cette habitude le "tic de l'ours", car on a observé que les animaux en cage dans les zoos (les ours en particulier) ont tendance à balancer ainsi leur tête sans arrêt.
En faisant ceci, le poids de l'avant-main du cheval passe alternativement d'un antérieur sur l'autre, entraînant une fatigue des membres et une baisse de forme générale. Ses antérieurs, très sollicités, peuvent aller jusqu'à développer des tares telles les molettes.
Pour empêcher un cheval de tiquer de la sorte, on pose généralement une grille en V sur sa porte mais il arrive parfois qu'il continue à tiquer en gardant la tête à l'intérieur du box.

En installant ce type de porte, on peut essayer d'empêcher le
tic de l'ours, mais ce remède n'est pas absolu.
- le tic à l'appui :
C'est un des plus communs et des plus difficiles à faire passer. Le cheval ouvre sa bouche, appuie ses dents sur une surface dure (porte de box, mangeoire...) et aspire bruyamment de l'air en arquant son encolure. Il fait cela à longueur de journée.
En tiquant à l'appui, le cheval use considérablement ses incisives. Il a aussi tendance à maigrir car son estomac rempli d'air lui donne la sensation d'être constamment rassasié.
Si on lui supprime tout point d'appui, le cheval peut très bien continuer son tic en levant simplement la tête pour avaler de l'air. Ces tics dits "aérophagiques" sont très difficiles à guérir et constituent une cause d'annulation de vente lorsqu'ils sont rédhibitoires.

Privé d'appui, il arrive que le cheval parvienne à aspirer de
l'air en gardant la tête levée : il tique alors à l'air.
- le tic ambulatoire :
Cette mauvaise manie consiste pour le cheval à tourner en rond dans son box, sans répit. Elle est généralement adoptée par des chevaux stressés ou en manque d'exercice.
Comme le tic de l'ours, ce comportement fatigue les chevaux. De plus, à force d'emprunter toujours le même chemin à l'intérieur de leur box, ils tracent une piste dépourvue de litière et se retrouvent bien vite sur le béton. Leurs fers s'usent alors rapidement et leurs tendons sont mis à rude épreuve.

Le tic consistant à tourner en rond dans
son box fatigue le cheval.
- les autres tics :
Le cheval peut encore lécher les murs ou le sol de son box, manger de la terre ou du crottin. L'ennui et le stress ne sont pas toujours responsables des mauvaises habitudes. En effet, dans les cas cités, un manque de stimulation extérieure ou une carence alimentaire expliquent ce type de comportement. Lorsque son alimentation est trop pauvre ou si elle est carencée en minéraux, le cheval essaie de trouver ailleurs ce qui lui manque.
D'autres manies liées à l'ennui, comme l'habitude de pousser sa porte, de jouer avec sa chaîne s'il est attaché, de hocher la tête régulièrement, de gratter le sol avec un antérieur peuvent aussi se développer.
Montés, les chevaux ne reproduisent pas les tics qu'ils ont à l'écurie. Mais ils ont parfois des comportements provenant d'un inconfort au niveau de la bouche : ils lèvent la tête, claquent des mâchoires, grincent des dents, sortent la langue... Avec un changement d'embouchure ou une amélioration de l'équitation, ces manifestations peuvent disparaître. Mais parfois, elles sont si ancrées qu'elles deviennent de vrais tics, qui persistent.
Les moyens de guérison :
On considère que tous ces tics dont dus à la vie en box. Il suffit de mettre le cheval au pré pendant quelques mois pour voir bien souvent disparaître les tics. La vie naturelle, la compagnie physique (et non seulement visuelle) de congénères et la possibilité de se déplacer à sa guise font oublier ces palliatifs de l'ennui que sont les tics.

C'est en limitant l'enfermement du cheval qu'on
peut lutter contre l'apparition des tics.
Afin d'éviter que le cheval s'ennuie, on peut lui donner des jouets. On peut en effet tendre une corde sur laquelle on enfile des ballons ou accrocher au plafond une corde au bout de laquelle pend un vieux pneu, que le cheval s'amusera à pousser. Au box, il faut en effet lui offrir un maximum d'occupations : le sortir souvent et lui donner du foin à grignoter à volonté sont aussi des moyens d'éviter l'ennui.

Pour occuper un cheval on peut mettre
à sa disposition des jouets.