Amour Page 3
Il était documenté, mieux que n'importe quel journaliste. Ce fut le 'Roman', un titre, 'Les empêchés de vivre'. Là dedans on trouvait tout sur la galère, les jetés sur le pavés, victimes de la société de profit, les exclus du progrès, marginaux de tous crins, immigrés, sans papier, les parias qui mangeaient les ordures que jetaient les nantis ; il parlait aussi des mecs en cavale,
enfin quoi, tous ceux que Jésus aimait !
Le prochain bouquin serait 'Les empêchés de naître'. Tous ensemble ils étaient à aimer par d'autres humains, déjà qu'ils étaient aimés de Dieu, Celui qui croit en nous. Celui qui laisse à ses enfants, à nous tous, le choix et la liberté, par amour, de lui dire 'Oui ! Père, Ta volonté ! Ou bien non je me préfère ; j'ai mon confort ma télé, mon tiercé, mon argent, les autres qu'ils se débrouillent, qu'ils restent dans leur pays, ces fainéants, on est déjà trop généreux!' Ce pauvre homme qui raisonne ainsi place son dieu, son argent, dans les usines d'armements, d'où guerres et immigrés, simple! Mais à chacun sa vérité, et il en est des pas belles !
Notre couple avait emménagé dans une maisonnette vétuste de la banlieu-Sud. Le loyer en était faible et les délabrements, vite arrangés par les compagnons, le bonheur ! Un an passa, puis deux ; mais malgré des efforts méritoires autant que réitérés, toujours pas de maternité en vue. Les moultes recettes s'étaient avérées infructueuses, ils consultèrent les gens de l'art. Marie, avait dans son très jeune temps, subi un accident de parcours involontaire, pendant une grossesse indésirable, et comme un malheur n'arrive jamais seul, la seule cousine qui l'hébergeait, et l'avait élevée plutôt mal que bien, lui montra la direction du chemin. Marie marcha longtemps, ce n'était pas Byzance, petits bouleaux, petits morceaux ! La pauvre fille prit un abonnement à la cloche de bois ! Misère, comme chantait ce pauvre Coluche.
A présent la situation était globalement satisfaisante. A proximité, Paulo avait trouvé un emploi fixe dans un cabinet de comptabilité. Marie donnait son cœur et son temps en bénévolat, ce qui ne comblait pas ce manque affectif et naturel d'enfant.
Dans la commune, avait élu domicile une annexe de la fondation 'Primevère', qui accueillait les enfants trisomiques en mal de parents ; nos amis firent une première visite. Cette démarche plus instinctive que concertée, leur fit rencontrer Charly et Betty, des faux jumeaux ; mais vrai mongoliens.
Le cœur parla plus fort que tout raisonnement.
Pendant les congés, on fit un stage, il y eut des rencontres de probation, et puis un beau jour, dans tous les sens du terme, il y eut des rires et des chants autour de la maison toute repeinte à neuf ; Cela se passait sur une poussière bleu de l'univers, dans une seconde d'éternité, d'amour et de bonheur.